lundi 11 février 2008

Chez les McKeown

Jen McKeown - "My parents are a bit mad."
David McKeown - "What's with a bit??!"

Les McKeown sont une famille de 7 (2 parents David et Carol, 2 enfants Jennifer et Jonathan, 2 chiens Mellie et Ila sa fille, et un chat, le psycho-cat) et en particulier une fille (Jen pour les intimes, avec qui mes lecteurs sont familiarisés -- pour les étourdis, la plus cool de l'appart) ...

Les McKeown ont une passion pour les engins de toutes sortes (16 véhicules allant de la vielle citroën à la grosse range rover en passant par le petit bateau à moteur) et en particulier les avions (modèles, ou ces petits engins volants qu'on va bientôt s'arracher, les autogyros, qu'ils pilotent d'ailleurs eux-mêmes) ...

Les McKeown accumulent les objets divers (lava-lamps, planches d'anat', warhammers...) et en particulier ceux qui ont une histoire (un berret manufacturé en Angleterre qui a sombré dans un cargo avant d'atteindre la France, repêché 20 ans plus tard, toujours en état correct parce qu'entouré d'autres berrets eux pourris, et offert à David qui partait en mission pétrolière sur un bateau sans n'avoir de couvre-chef) ...

Les McKeown ont plein de choses à raconter (dans le temps, ils ont été architecte (elle) et géologue (lui), ça fait voir du pays!) et en particulier des anecdotes pas possibles (retrouver dans une grotte lors d'une promenade en famille les ossements d'un petit garçon qui était tombé d'une falaise 9 ans plus tôt, et, au passage, raconter à la petite Jen interpellée que c'étaient ceux d'un daim...?!) ...

Je pourrais continuer ainsi longtemps (...un super sens de l'humour, une grande générosité, un écran 24", un nom impossible à prononcer...) ... Je me contenterai d'ajouter que cette famille aussi étrange qu'attachante m'accueillait le temps d'un week-end prolongé dans sa jolie maison dans l'Aberdeenshire, région de la côte est de l'Ecosse, méconnue, et qui rappelle fort notre Bretagne à nous, à quelques détails près (les phoques dans la mer, par exemple...).




Vendredi.

Première journée de mon Scottish come back, rhytmée par un rangement de chambre radical, une sympathique causette avec un Andy sur le départ, puis un déjeuner cuisiné par une Margaux volant au secours de mon estomac aussi vide que mes placards. Miam! Juste le temps de faire mes courses de fournitures (4 cahiers, 3 classeurs, une pochette, une règle, une agrafeuse, une trou-trou-euse, une grosse clé USB)(elles sont chiantes, mes petites parenthèses?) avant de réaliser que 2 heures de train pour Aberdeen m'approchent virtuellement dangereusement du départ, il allait falloir sérieusement se préoccuper de rentrer en contact avec Jen. Passée par tous les moyens possibles et imaginables, je finis par la prévenir de mon arrivée imminente, ayant donc a peine le temps de jeter quelques habits et bidules divers avant de bondir dans le vert campus en direction de l'arrêt de bus. Arrêt...cardiaque aussi, quand je réalise que le billet A/R pour Aberdeen me coûtera la sympatoche somme de £47. Et ce n'est pas le cours de la £ en baisse qui va tellement amortir. Trop tard...

Deux solides heures de voyage plus tard, je retrouve la Jen, bien en forme ; s'en suivent 3/4h de transit bagnole jusqu'à sa petite maison au milieu des champs. On rejoint son petit frère et son boyfriend Callum, ainsi que les trois boules de poils. Patates, carottes, poulet, musique rétro, poker. Dodo.


Samedi.

Après un début de journée un peu laborieux (les parents McKeown reviennent d'un voyage en Angleterre, il faudra se lever tôt pour aller les chercher à la gare d'Aberdeen ; puis s'arrêter en plusieurs endroits pour "attend" tout un tas de "businesses"... ça nous occupera toute la matinée) et un lunch léger mais bienvenu, les choses sérieuses commencent. Je chausse les grosses bottes vertes car la bouillasse est monnaie courante dans la région. En avant pour une ballade des toutous dans un superbe coin de nature, avec petits extras tels que d'acrobatiques crapahutages dans une treehouse, ou de folles descentes en tyrolienne. L'énergie ainsi dépensée sera plus que compensée par les calories contenues dans les sublimes petits gateaux qui suivront.




Jen, Callum et moi-même enchaînerons sur une petite virée à la plage de Peterhead (ville portuaire à laquelle la maison McKeown, "Lochside", est rattachée). Je prouverai aux deux autres que faire un saut de main en manteau et bottes, c'est possible! Le soleil se couche, offrant à ma pellicule numérique des couleurs et formes dont la beauté dépasse incontestablement ce qui se fait à Ormoy. Mais le froid tombe en même temps que la nuit. Inspirés, on ira clôturer la journée par une bonne heure et demie de piscine, sauna, jaccuzzi et autres bains de vapeur. Si si!!!




Dimanche.

Un peu de larvage dans le doux lit rose que Jen me cède jusqu'a 10h30, puis nous sortons au petit complet (sans Jonathan) promener les chiens dans le champ marécageo-herbo-sapineux qui s'étend autour de la maison. L'après-midi, Callum, Jen et moi partons pour une grosse balade du côté du château en ruine qui nous nargue à chaque fois qu'on prend la route vers P-head. Le long chemin est fait de flaques d'eau argileuse et de boue dont la consistance nous inspirera le doux surnom de "Poo-mud".




Le chateau, qui se trouve être celui qui a inspiré l'auteur de Dracula, prend immédiatement la premiere place dans mon "Top Chateaux trop cools". Niveau sécurité c'est zéro : seule une cloture poreuse qui peut servir d'excuse à la municipalité si des gamins venaient à tomber de la grande tour ou des hauts murs qu'on peut atteindre facilement ; ce qui a dû arriver des centaines de fois tant ce qui reste de l'édifice est casse gueule et exposé aux caprices des vents est-écossais. Mais du coup c'est génial, tous ces recoins à explorer, ces structures à escalader, ces passages secrets à arpenter...
Le château est, comme il se doit, accroché au bord d'une falaise bretonnante dont nous grimperons ensuite les rochers qui s'enfoncent dans la mer. Le petit coucou au phoque, c'est à se moment-là.



Sur le retour, nous ne parviendrons pas à résoudre le mystère des milliers de "shells" et autres "crab parts" qui jonchent méthodiquement un champ de céréales. Les moutons eux mêmes sont circonspects. Mais la nuit tombe et si on veut aller visiter la carrière il faut se dépêcher un peu. En guise de carrière, nous n'aurons qu'une friche lugubre sur laquelle s'amoncellent déchets, béton coulé et matériel rouillé vandalisé. Mais un petit chemin nous emmène loin du plateau vers une superbe niche en bord de mer. On se croirait dans LBA2 (Grenoble, et maintenant ça! Décidément!). Quant au lac artificiel, il vaut le détour. Les cailloux et bouts de rochers dégringolent et s'arrachent le plus gros plouf.

Le soir, les McKeown reçoivent du monde. Ian est, comme David, passionné par les modèles d'avion téléguidés. Les deux hommes m'initient au pilotage sur une simulation ordinateur, mais qui se contrôle par un vrai boitier de commande. D'après eux, je suis celle qui a pris le plus vite la main, de tous ceux qui ont essayé! J'aurai ensuite droit jusqu'à l'indigestion à des vidéos d'autogyros, pilotés par David et Carol, ou de Youtube... mais il faut avouer que ça donne envie. Jen fera son baptème cet été. Pas d'indigestion par contre avec le Trifle qu'elle avait confectionné la veille (je m'étais contentée de fouetter la crème). Délicieux!


Lundi.

Lever aux aurores (ou presque...) pour m'inscrire aux horaires de Tutorials qui nous conviennent le mieux, à Margaux et moi. La désormais traditionnelle ballade des chiens se fera en bordure de Longhaven, une boucle sympathique dont l'extrémité donne sur la mer. Petit moment "aaah-aaah-aaah-aaah-Holy Grrrail" dans l'épaisse brume. Tiens, j'ai pas beaucoup parlé du temps -- en fait c'est comme a Stirling : le matin en général c'est gris et humide, et ça s'éclaircit l'après-midi, jusqu'à ce qu'on ait carrément du joli soleil. Il ne fait pas aussi froid qu'il pourrait, et le vent est variable. Mais dans l'ensemble c'est très satisfaisant!

En guise de repas de midi, ce sera le très local assortiment Fish n'Chips / Irn-Bru qu'on graillera (c'est le cas de le dire!) dans la voiture. Il faudra vite repartir pour la gare d'Aberdeen, tellement vite en fait que Jen et moi arriverons avec une demi-heure d'avance! Qu'à cela ne tienne, on en profitera pour se balader et faire les couillonnes sur la plage. Aberdeen, c'est assez spécial finalement ; ca a tout d'une grande ville, mais une grande ville paumée en pleine nature. C'est très bizarre de voir des barres HLM plantées dans de la verdure de bord de mer.

C'est l'heure de partir. J'emporte avec moi une boîte de Shortbreads offerte par Carol. Je lui ai aussi laissé mon "jumper" Stirling Uni vert pomme, elle m'assure qu'avec son "Vanish" elle pourra faire disparaître les taches vestiges de l'épisode "bière fermentée" post-Bruxelles (celui-même que je n'ai pas cru bon de raconter sur ce blog...). Jen me le ramènera en revenant à l'appart mercredi...


Entre deux chansons des Monty Pythons, dans la voiture :
Jen - "Yeah... Now we have to get back to Uni... Learn stuff..."
Moi - "Learn stuff? I most certainly learnt much more about british culture here than I did the whole semester!"

1 commentaire:

Béatrice a dit…

Mais... y a des phoques en Bretagne, tu sais ^^
(ou alors j'ai rien pigé et c'est à Aberdeen qu'il y en a pas? )