lundi 24 mars 2008

******* Interrruption des programmes pour une durée indéterminée *******
Merci de votre compréhension.



(et MERCI a tous les commentateurs!!!!)

lundi 17 mars 2008

Perspective(s) :: #2 Profondeur

20h, et déjà les corridors sont déserts. Mes pensées sont déjà de retour dans la Chambre, soustrayant d’avance tout intérêt au quart d’heure de trajet qui s’annonce. Ces heures sup’ en bibiothèque m’ont fatiguée, et la clémentine de tout à l’heure ne suffit plus à calmer ma faim ; je rentre, c’est tout vu.

Pourtant, quelque chose dans le silence fait taire ce zèle pragmatique. Je tourne la tête vers un Cottrell nébuleux ; il y a quelque chose là-bas qui m’appelle. L’attrait du lieu où je ne devrais pas être, peut-être ? Mon grand classique, toujours où je ne devrais pas, jamais où je devrais... et en perpétuelle chasse d’un ailleurs à conquérir...

Je fais demi-tour et prends la passerelle. Mes pas résonnent sur le dallage. A travers les vitres, il fait nuit noire.

Plein-phares. Je suis repérée. Instantanément, les néons inondent l’espace de leur lumière crue et salissante. Tout le couloir est sur moi. Textures grossières, contrastes nauséeux, normalisation a-esthétique et déchargée de toute résonance affective. L’university me vômit dessus son fonctionnalisme. Les lampes buzzent, les circuiteries ronflent. La machine se met en quatre alors qu’il n’y a que les absents pour remplir l’espace. Et ça fait mal.

C’est que sans une meute d’étudiants pour lui insuffler un mouvement, sans des séminaires et des tutoriaux, des consorts ampoulés, des hyperboles futiles, des sweats à capuche, des vessies pleines et des ventres qui gargouillent, Cottrell n’est plus qu’un dédale disgracieux, une masse carton-pâte inutile, en mal de raison d’être. Le signifié a déserté le signifiant ; il est oeuvre d’art malgré lui, photographie surexposée, bien trop nette pour un tel superflu. Et moi qui exhibe, met à nu ces couloirs, d’un regard qui leur reflète leur laideur... Ils ne le supportent pas. Il me faut partir, les laisser à nouveau s’évanouir pudiquement dans l’obscurité ; ou bien leur rendre leur fonction, et les traverser.

Aspirée dans les tunnels, je suis, somnambule, un fil invisible qui m’attire vers une destination, peu importe laquelle, pourvu qu’il y ait trajet. Je compte sur Cottrell pour m’amener là où je suis attendue ; après tout, c’est lui qui m’a sollicitée. Alors je fais confiance. J’entre dans des salles ouvertes, et navigue entre les ordinateurs ici, les photocopieuses là. J’active les portails électriques, lis les panneaux indicatifs. Vases communicants, l’absurdité de mes actes revalorise l’ego des Pierres. Je me demande sous quelle forme viendra la rétribution...

Et d’un coup, je commence à entendre. Une incantation en déroute, une ritournelle qui a perdu son chemin, et qui n’est plus qu’un murmure, un soupir, un doute. Un appel ? une invitation ? Je presse l’allure ; elle m’attend au tournant. Elle gonfle, s’étoffe. Je la rattrape... ou m’a t’elle attrapée ? Je me fige.
Dans mon couloir, rien ne bouge. Mais derrière ses portes, des empires se font et se défont. Des mélopées s’entremêlent et se désaccordent entre elles ; des notes aux textures chicanières qui communient avec des rythmiques heurtées. Les airs dégoulinent de tous les côtés et colorent les murs. C’est l’oraison d’un monde qui n’existe qu’hors du monde, hors des instances du prévisible ; une réalité alternative qui continue quand l’institution s’arrête. Je souris. Cottrell n’a plus besoin de moi ; il a la musique.

Je sors.
Dehors, il pleut. La lumière orange des lampadaires se déverse sur le sol. Toujours personne. Je m’empresse de sortir mon parapluie, avant de m’élancer. Il n’y a pas trop de vent ; dessous lui, je suis en sécurité. Le froid ne m’atteint pas.
Pourtant quelque chose n’est pas à sa place. Une saveur particulière plane, familière mais dissonante. Le clapotis de l’averse sur la toile semble me murmurer quelque chose ; un code, un secret. Mais je ne comprends pas bien ce langage, dont pourtant je connais les mots – ou est-ce l’inverse ? Mais plus j’avance, plus le message se clarifie. Mon mouvement lui-même lui rend du sens. Ce n’est bientôt plus le bruit de la pluie que j’entends, mais celui des souvenirs qui cognent à ma porte. Déjà, je suis ailleurs, je suis avant, je suis en décembre 2007, au faîte des contradictions et des paradoxes de ma fin de semestre ; décor identique, symboles chavirés....
L’orage de souvenirs m’électrocute, capté par cette antenne parabolique de fortune au dessus de moi. Tout s’engouffre dans la faille temporelle, les souffles de cette existence oxymorique, obsessionnelle, où tout, jusqu’au rien, s'élevait au paroxysme ; cette parcelle de vie autarcique, faite d’un univers émotionnel et sensoriel unique, tellement daté, qui clashe dans mon cosmos de maintenant... tout me revient d’un coup. Nuit perpétuelle et lumière artificielle, décadence dé-cadencée, déchirements, sautes d'humeur, solitude et dépendances, isolation et fusion, calme et tempête, fin et commencement, chat et souris, cascade de dérapages contrôlés, où le futur modelait un présent à l’incertaine certitude, îlot exigu au milieu d’eau à perte de vue, épuisement, exultation, désarroi, fuite en avant tandis que les pièces de la tragédie se mettaient en place... Une réalité qui était rêve, et des rêves de réalité...

Je continue de marcher, prise sous l’ombrelle dissidente, mais protectrice aussi... Ainsi, je démêle les noeuds... Je calme les anxiétés, je me souviens... Je crois que je commence à comprendre ce que me voulaient ces murs... Ces trajets... ces lieux... Ces expéditions clandestines de ma chambre à Cottrell, en ces heures absurdes de la nuit, pour aller finir en salle informatique un essay sacrifié à d’autres affaires... Ces marches irréelles à travers un campus silencieux, toutes en pensées décalées (est-ce réel ? et si je disparaissais ? que laisserais-je alors derrière moi ?), désespérant d'échapper à une réalité émotionnelle trop complexe... Ces nuits que j’ai vécues, dont j’ai senti chacune des heures, des minutes s’échouer sur moi et amener sa dose d’abattement... mais le poids de l’impératif, la cravache de la grande aiguille, et aussi cette curieuse atmosphère, cette étrange solidarité, ce soutien mutuel liant les quelques âmes en peine qui hantent les salles info, ces papillons de nuit gravitant, sporadiques, autour des écrans de lumière... tout en non-dit... Et la nuit qui s’effrite... Le bleu qui pointe... Huit heures... Un café au distributeur, et ça repart... L’adrénaline qui monte, les neurones qui fusent, les yeux désorbités, frénésie quasi-démiurgique... plus que quelques heures pour boucler... Ca y est, neuf heures, les nouveaux venus affluent sous « nos » regards condescendants... Ils ne peuvent pas comprendre... Ils ont manqué la nuit... Dix, onze heures... Dernières touches et retouches... Encore et encore... Ah si j’avais pu laisser maturer... Mais non, il faut accepter d’entériner ces phrases et idées à peine sorties de l’oeuf... Pas le choix... Puis, la course effrennée jusqu’au Department, submission form, agrafe, et c’est lâché... Et sentir, enfin, dix heures s’abattre sur moi d’un coup... On ne badine pas avec le Temps, les délais se paient... Et ainsi me traîner, tremblante, jusqu’à la Chambre, pour m’effondrer et dormir jusqu’à la tombée de la nuit nouvelle... suite et recommencement...

J’ai fait le voyage jusqu’à l’infra-monde, et en suis revenue... J’arrive vers Aithrey Castle, et mes lèvres esquissent un deuxième sourire... Mon pas est sautillant ; je fais virevolter le parapluie dans les gouttes...



De retour à la Chambre, je me lance dans la relecture de mes archives skype, et y découvre des personnages dans leurs costumes d’époque, dans des rôles tous différents de ceux qu’ils tiennent aujourd’hui. Acte...

dimanche 16 mars 2008

(Echo :: #1)



What is a journey?
A journey is not a trip.
It's not a vacation.
It's a process. A discovery.
It's a process of self-discovery.
A journey brings us face to face with ourselves.
A journey shows us not only the world
but how we fit in it.
Does the person create the journey
Or does the journey create the person?
The journey is life itself.
Where will life take you?


(vu au cinéma de Stirling hier)

lundi 10 mars 2008

Perspective(s) :: #1 Introduction

Des voyages, j’en fais.
Mes voyages n’ont peut-être pas leur destination écrite sur un billet en papier glacé. Mais s’il s’agit de s’en aller quelque part, y trouver des merveilles et revenir pas tout à fait la même... pas tant besoin de bouger.
Je navigue à travers la page blanche, mon regard songeur plongé dans l’écume des mots semés au passage... Je navigue à vue, à vitesse variable ; je sens le ronronnement de la machinerie sous moi... Les voiles de papier volent, arrachées du bloc par ma main impatiente, et jonchent ma couverture bleu-océan... J'aperçois la côte, au loin, floue... Le lit tangue.
D'autres fois, le navire est cloué au port. Clouée, je le suis. Les cloisons se rematérialisent, mon immobilité se révèle à moi. La machine a des ratés, j’en ai aussi, sans doûte encore plus...

Mais qu'en est-il de la météo?
L’air. Toujours le même vent figé ; et ce n’est pas d’aérer qui change quoi que ce soit, il revient toujours. Figé et figeant, du moins pour ce qui est des objets qui font la chambre, et de moi dans elle. Je n’échange et n’intéragit plus avec la chambre. Elle est relique d'un autre temps, et son air ne manque pas de me le rappeler à chaque inspiration. Elle me fait peur. Je reste en retrait d’elle ; je suis dans elle et hors d’elle ; nourrie par elle, suffoquée par elle ; je désespère de me mettre à distance par la grace de l’écriture, mais celle-ci ne s’offre pas à moi facilement... et même quand elle le fait, cet air me baigne toujours, je l’inspire et il m’inspire ; j’expire en mots ce que j’ai aspiré de lui.

L’air-poison a un goût suave et familier, il neutralise, paralyse, barre la route à tout changement de perspective. La perspective de cette chambre est toujours la même ; d’un seul regard je l’embrasse entièrement. L’air y est le même partout, et je l’emporte avec moi, dans mes vêtements, sur mon corps ; il me biberonne, me berce et m’endort doucement, collecte mes impulsions qu’il enferme dans la chambre-bocal -- où que je sois, puisque je finis toujours par revenir. Et quand ces impulsions me poussent vers l’avant, vers un autre voyage, le vent dicte invariablement la direction du navire, qui va au gré de ses humeurs, de cette humeur unique, aggrégation de toutes les précédentes. Je fasconne dans ce moule, air, une odeur que je ne sens même plus consciemment, mais que je « connais », que je possède.

Qu’est ce qui, par lui, pénètre chaque pore de ma peau ? Une effluve d’un temps passé et en passance, qui porte en lui l’appel d’un ailleurs, la fatigue d’une dissension, le fatalisme d’une désynchronisation... De vieux échos qui rebondissent sur les murs depuis 6 mois et qui me sussurent à l’oreille que ma vie est ailleurs, que mes envies sont ailleurs, qu’ici ce n’est rien de plus qu’une survie transitoire, un délai avant éclosion... un discours qui fait peur, quand on sait que c’était celui que je me nourrissais moi-même pendant l’enfance... Eclosion y-a-t’il eu ? Laborieuse et pénible en tous cas...
En revanche, cela reste des échos, usés par le temps, et ils m’apparaissent faibles et déformés, ignorables, ignorés la plupart du temps. Mais il est vrai que mes préoccupations sont ailleurs ; et sans les avoir arrachées à ici, ils s’assurent au moins qu’elles le restent. Distance, distanciation... Ils en font peu mais ça condionne tout le reste...

Ma catharsis, c'est la pensée, c'est l'écriture... Bien que ne pouvant sortir de ce cadre, elles m'illusionnent, me libèrent. Je m'offre le privilège d'expliciter, de scénariser, de mettre à distance la distanciation. Il n'en faut pas plus qu'une impression d'aller quelque part, même si c'est en bas d'une page. Mais quand l’écriture est absente? Quand l'envie, l'impulsion, a déserté? Quand il ne reste plus que le poids de cet Air, laissé à lui-même puisque n'ayant plus rien à conduire? Je ne suis plus nourrie que de la tentation de me laisser flotter, entre deux eaux, entre deux faux-départs, d’attendre, inerte, laisser les heures s’échouer sur moi, laisser le voile de la nuit vêtir la chambre et venir parfaire la mise en scène... Nuit. Là, il devient enfin légitime d’être « dedans » ; la journée imaginaire a passé et c’est le temps des songes réparateurs à la lueur de cheminée. Pas de cheminée ici ; c’est avec ma guirlande de lumières que j’échange mes sourires intoxiqués, assise sur la moquette incolore... Plus de couleur, non, que celles des diodes de plastique, qui uniformise, baigne chaque objet autour de moi de cette étrange hype, cet étrange cocktail automnal. Enfin sont adoucis les contours acerbes des éclaboussures qui jonchent le sol et les meubles, "mes" objets, ces choses jetées à bas, cicatrices d’un mode de vie dicté par elles. Les oranges et verts pansent ces plaies imprimées sur mon paysage et sur ma routine, impreignées jusque sur le fond de ma pensée. Je peux fusionner avec la chambre. Et le mal-aise, la rébellion cessent complètement puisque la contemplation devient esthétique. Le jour ne décline plus, pressant l’action ; la nuit est installée et stable, le temps s’arrête. L’atmosphère est suave et familière, pesante mais plaisante. Le flot d’idées se déverse et repart, revient, repart à nouveau... dans le Silence... ou le « petit bruit » ? Ronronnement feutré du système de ventilation de l’ordinateur... Martèllement discret de la machine qui déraille... Un rhytme qui cadence celui de mon cerveau... imperturbable... imperturbé...

Le Champ de distortion de la réalité qui s’effectue ici semble avoir un rayon d’action qui va bien au delà de mes quatre murs. Toujours présent pendant mes transits ou à l’uni même... Mais il a une faille ; il n’a pas le monopole de mes ficelles. Et sacrée concurrence que celle que lui appose le...son.

Bien moins insidieux, beaucoup plus visible et radical. Une perfusion, d’un débit incommensurable, de vibrations, non, plus que ca, de musique : d’idées sonores, texturées et ordonnées, en 4 dimensions. La musique est débauchée directement dans ma tête via le fil des écouteurs, éliminant ainsi tout autre bruit ; elle bétonne, isole, étanchéifie, s’exclusivie. Puis, elle prend possession de tous les bastions du conscient et du subconscient et fait le ménage, met au pas, restructure, construit des routes et en ferme d’autres, remodèle cadres et repères à son image. Mon arène cérébrale se mue en édifice à la cohérence inespérée, car appuyé par toute la symbolique sonique contenue dans la musique déversée. Ses portes sont grille de lecture, aposée sur mon système, interprétant tout signal entrant, modelant tout signal sortant. Le monde est façonné différemment. Activement, cette fois. Car si le son me saisit par la main et mène la danse, la transe est volontariste ; je suis armée certes mais d’une légitimité, la nouvelle cosmologie chasse l’incertitude traînante, me revigore et me pousse en l’avant. La donne change, le système sémantique est bouleversé, le champ des possibles décuplé. Au lieu de pousser à l'immobilisme, la musique pousse au mouvement. Si elle prend ma place en tant qu’architecte, parfois c’est moi qui assigne untel à la tâche, parfois untel s’assigne lui même et vient plaider sa cause. Ca donne des résultats intéressants...

Tout est jeu subtil entre surprise et anticipation ...
surprenante anticipation ou surprise anticipée ...
est-ce moi qui fait la vie ou la vie qui me fait ?

Passivité, soumissions ?...
Don’t be fooled... rien n’en est moins sûr.

jeudi 28 février 2008

Des bugs dans Scotland 2.0

Un silence depuis 2 semaines qui n’a rien d’accidentel.
Car ce deuxième semestre se poursuit lui aussi inaccidenté.

Je ne m’ennuie pas, non. Je vis. Je sors. Je vois du monde (un peu). Je fais des choses. Je me passionne pour mes cours. Les jours s’allongent, et même si la météo est davantage dans les standards écossais post-apo que d’habitude, je me plais à être ici.

Mais en levant le nez du guidon et posant le regard contemplatif de la bloggeuse sur cette vie, rien ne me saute au visage. Rien ne s’impose à ma plume numérique. « Things have been happening, I just... ». C’est précisément ça, Jen. Ce n’est pas que rien ne s’est passé, c’est que rien n’est davantage digne d’être raconté qu’autre chose. L’équilibre général normalise la kyrielle d’évènements qui a fait ma vie ces dernières semaines. Pas question de tout raconter, ce sera donc rien, par défaut. Et pourtant, je n’ai jamais été aussi en harmonie, ici en Ecosse.

En marge de cela, et dans cette même vie mais décalé de quelques degrés de réalité, des forces contraires s’affrontent dans la violence et amènent leur lot de changements et d’espoirs. Pour l’instant, il n’y a qu’en haute mer que la tempête rage. Pas de tsunami qui déferle sur les eaux côtières, mais les marées se transforment, lentement mais sûrement, durablement. Je mue. Je deviens moi.

...Il me semble que je n’en demandais pas plus, le semestre dernier : une vie active et rangée, et des enjeux intellectuels stimulants me poussant à la remise en question.






Un semestre inaccidenté, disais-je... jusqu’à ce que le grain de sable s’engouffre dans la belle mécanique. J’en ai déjà parlé, mais à la mesure du non-évènement que c’était à l’origine : un dérèglement d’ordinateur. Qui aurait pu prévoir à quel point ce dérèglement allait être contagieux? C’est que la Pomme et son mac vivent en symbiose, et toute affliction de l’un infecte l’autre.

La douleur est chronique, imprévisible, inévitable, incurable. Les convulsions arrivent et bloquent irrémédiablement toute activité, pendant une minute, ou 10, ou 20. Un bruit, un ronronnement régulier et lobotomisant émane de la machine blessée, qui s’étale, s’étale, prend tout l’espace, tout l’esprit, ne laissant en moi que de l’ « helplessness » face à ce partenaire agonisant, qui me rejette sans qu’il n’y ait rien que je puisse faire.

Ca tourne à l'obsession. Depuis l’accident je ne dors pas bien la nuit. L’enthousiasme qui me reste au réveil est crevé dans l’oeuf, quand je constate que la nuit n’y a rien changé. L’empathie se transforme en frustration. Tout élan est coupé court, toute motivation est enchaînée. Je traine un boulet à mon pied depuis une semaine et demie. Je suis handicapée. La frustration se fait haine, dégout de me faire touner le dos au moment ou j’aurais le plus besoin de soutien. A la force intellectuelle et émotionnelle qui me pousse vers l’avant s’oppose implacablement cette inertie qui divise le temps, multiplie la durée, distort et dilue toute entreprise. Je suis immobilisée, réduite à l’inaction, vidée, privée de perspective, n’ayant plus qu’à attendre un temps indéfini. La haine se mue en rage, la rage en folie, puis en néant spirituel. Mon monde est mis sur pause. Mon futur m’est confisqué. A l’image de la machine, je me dépressurise. Dépression, risée : des nuages viennent la pluie, je m'écoule, je m'écroule...

Chaque jour, la gangraine gagne un peu de terrain. Chaque jour je me fane un peu, comme les fleurs sur ma commode.

Alors oui, il y a quelques démarches que je pourrais opposer à la fatalité, quelques démarches, sans doûte pas si compliquées que ca. Mais les forces me manquent.

Cette incapacitation ravive une vieille blessure. Celle du manque, de la privation de vous. Il s’abat sur moi alors que me sont coupés les vivres qui me permettent de la compenser, de la contourner. Pour tant de choses, et celle-ci avec, je suis entièrement tributaire de l’ElliMac, ma passerelle vers... vers tout. Le Portail s’est enrayé. Il ne reste alors plus que « moi, ici », plantée devant, exclue, prisonnière de mes manques, étouffée par ce ronronnement martelé qui imprime ses messages subliminaux dans ma coquille vide.

Si je suis capable d’écrire tout ça, maintenant, c’est dans un répis, une brèche, une fissure dans le mur des plantages. Il semblerait que couper Internet diminue leur fréquence. Serait-ce un signal ? Que faut-il que j’en fasse ?

Je me sens d’autant plus ralentir que l’enseignement écossais nous fait vivre dans la langueur extrème. L’unité de temps ici n’est pas la journée, mais la semaine. Mais la cadence des plantages explose cette semaine en autant de micro-cellules, imposant un micro-rhytme, une vie fragmentée, disséquée.

Tout ça pour ça...

Mars s’étend devant moi comme le champ de blé sur le plateau d’Ormoy-la-Rivière dans mon regard de petite fille.

dimanche 17 février 2008

Occuper mes journées

L'idée, c'est que la donne n'a pas changé depuis le premier semestre : toujours aussi peu de cours, toujours une luminosité limitée (pour l'instant), et surtout, toujours dans la même chambre recluse au fin fonds du campus, lui-même perdu à des kilomètres du centre névralgique de Stirling, elle-même ville très moyennement animée.
Mêmes écueils à éviter donc :



Jusqu'ici, les bonnes résolutions tiennent le coup. Je boude raisonnablement skype et les chats, j'arrête l'ordi à minuit pour être au lit au plus tard dans la demi-heure, ce qui me permet de me lever sans aucune difficulté à 9h30. Et je remplis ma journée. Et si, bien sûr, plus ça va plus je suis permissive en termes de dérogations, je garde un rythme relativement sain. Si, si.

Le problème, c'est qu'entre les débuts et les fins de journées, il y a les journées elles-mêmes. Et étant donné que mes misérables 9h de cours n'ont même pas encore toutes commencé, je fais face à un problème de taille : comment occuper mon temps libre?!?

Plusieurs pistes, aux résultats inégaux.


Going Out For A Walk.

Le petit projet, c'était le Wallace Monument ; vous savez, le Baradhur de mon vieux message de septembre modestement consacré à l'herbe du campus (j'en écris des conneries moi, didonc...). Depuis le temps qu'il nous narguait, du haut de sa colline, celui-là, Margaux s'était dit que cette fois il allait enfin rien perdre pour attendre.

Et pourtant, si, perdu, il en échappe belle une fois encore, puisque nous arrivons 1/4h après la fin des visites (euh, ils sont gentils, mais arrêter les visites à 16h c'est pas non plus la grosse éclate!!).

Ce ne fut pas une perte de temps totale, puisque nous mirent à profit la journée pour aller faire de grosses courses à Tesco, et, nettement plus intéressant, nous pinter la gueule au Wallace...Pub. Avec du cidre, s'il vous plait. Comme quoi, Going Out For A Drink, ça marche aussi. Sur la droite, c'est Katie, colloc américaine fofolle de Margaux.









Un petit clin d'oeil au Lazouillon : Que Crrrrrraaaaaig n'a-t-il point pris la peine de préciser que cette magnifique statue se trouvait à STIRLING!!! Hiiiiii!!!
(réponse : parce que pas un seul amerloque a entendu parler de cette ville?...)

Pour les autres : hé oui, quand on fait des statues de William Wallace, désormais, on leur impose la tronche de...Mel Gibson.







Spreading The French Word.

Après avoir initié Jen, au grand dam de sa mère, aux plus obscures et créatives facettes de notre belle langue française ("Vaaah the fairww fou'twwwe"!!), je continue à lui distiller notre culture, extravagances cullinaires en tête.

...et pourquoi pas une ptite Raclette, hein Christine???
Dans l'appellation comme dans la recette, il me sera pourtant impossible de m'abstraire de toute empreinte britishe.
D'une part, "Raclette" contient ce "r" imprononçable pour nos confrères d'outre-manche, qui ne savent rien d'autre que rouler ou gober leurs airs.
D'autre part, faudrait quand même pas espérer pouvoir trouver du morbier dans les rayonnages du Tesco local. Non, pour eux, cheese, c'est 4 x 2 m de cheddar décliné dans de multiples coloris criards, et un minuscule shelf "continental", que tout un chacun prend soin d'éviter minutieusement, et dans lequel on trouve surtout de ce que le continent a de plus asipide. Parfois quelques italiens sympas, parmesan, gorgonzola, ou du brie français, mais ça n'ira surtout pas plus loin. Bref, pour la raclette, c'est coton, et il va falloir se résoudre à entâcher l'intégrité des slots téfal en y mettant du cheddar. Idem pour la charcute : smoked bacon. Point de vue goût et consistance, la française en moi versera une petite larme, mais discrète pour ne pas trop dépayser Jen qui semble trouver ce mariage des genres à son goût. La raclette pèsera lourd sur l'estomac de Margaux, mais aussi sur la conscience de Katie, la sportive, qu'on avait déjà arrachée à sa gym quotidienne pour le Wallace Pub.




Cooking.

Dans la ligne directe de ce qui précède, car comment dit-on "gratin" en anglais? "gwwâââ'tain". J'en conclus "spécialité française". En tous cas, je suis très très fière de mon gratin d'aubergines, parce qu'il était putain de bon. Et c'est pas la Jen qui va me contredire.
Une couche aubergines/oignons "en cocotte". Une couche poulet émietté et frit à la poele. Une couche sauce tomate un peu fancy. Une couche cheddar rapé (ouiiii je sais, j'ai oublié le parmesan...). Et des pitites z'épices pour parfumer le tout. Mmmm!







Drawing.

En guise de merci aux McKeown, j'ai sorti mes encres et une GRANDE feuille à dessin. Sur ma lancée, je continue la peinture ; si ca occupe très bien les jours, ça grignotte aussi assez facilement les nuits... Et puis, rester dans ma chambre n'est plus un problème maintenant qu'elle sent bon les lilas!!!!!








Shopping.

De bonnes affaires en bonnes arnaques, sur internet ou au centre commercial de Stirling, ça occupe et ça distrait... Des robes et T-Shirt colorés à £1... Des kits manicure magiques moitié-prix (mais chers quand même!)... De la teinture verte en spray... ou encore le très fameux aspirateur à clavier USB qui s'est révélé être un échec...

Speaking of grignotter du temps, mon ordinateur dont la récente tentative de suicide n'a fait que l'handicaper sévèrement, m'insupporte de plus en plus avec ses longs plantages incessants, si bien que je me surprends à passer beaucoup de temps sur l'Apple Store (quand il me le permet bien sûr), ou plutôt sur LES apple stores, histoire de réver un peu. Qui pourrait me reprocher de plannifier dans ma tête un petit voyage prochain aux Etats-Unis, quand on voit que le même ordinateur coûte, en dollar par exemple, 2700 aux US, 3500 en UK, et 4000 chez nous pauvres pigeons!! Le même produit avec un voyage aux US en prime? Ca ne se refuse pas. Ce n'est pas parce qu'Apple est une pomme que je lui donne le droit de me marronner la poire. Si l'euro a la pêche, plutôt que de se presser le citron, je ramènerai ma fraise à la Grosse Pomme! Affaires juteuses, me voici!!!



Working.

Wor-koi?

lundi 11 février 2008

Chez les McKeown

Jen McKeown - "My parents are a bit mad."
David McKeown - "What's with a bit??!"

Les McKeown sont une famille de 7 (2 parents David et Carol, 2 enfants Jennifer et Jonathan, 2 chiens Mellie et Ila sa fille, et un chat, le psycho-cat) et en particulier une fille (Jen pour les intimes, avec qui mes lecteurs sont familiarisés -- pour les étourdis, la plus cool de l'appart) ...

Les McKeown ont une passion pour les engins de toutes sortes (16 véhicules allant de la vielle citroën à la grosse range rover en passant par le petit bateau à moteur) et en particulier les avions (modèles, ou ces petits engins volants qu'on va bientôt s'arracher, les autogyros, qu'ils pilotent d'ailleurs eux-mêmes) ...

Les McKeown accumulent les objets divers (lava-lamps, planches d'anat', warhammers...) et en particulier ceux qui ont une histoire (un berret manufacturé en Angleterre qui a sombré dans un cargo avant d'atteindre la France, repêché 20 ans plus tard, toujours en état correct parce qu'entouré d'autres berrets eux pourris, et offert à David qui partait en mission pétrolière sur un bateau sans n'avoir de couvre-chef) ...

Les McKeown ont plein de choses à raconter (dans le temps, ils ont été architecte (elle) et géologue (lui), ça fait voir du pays!) et en particulier des anecdotes pas possibles (retrouver dans une grotte lors d'une promenade en famille les ossements d'un petit garçon qui était tombé d'une falaise 9 ans plus tôt, et, au passage, raconter à la petite Jen interpellée que c'étaient ceux d'un daim...?!) ...

Je pourrais continuer ainsi longtemps (...un super sens de l'humour, une grande générosité, un écran 24", un nom impossible à prononcer...) ... Je me contenterai d'ajouter que cette famille aussi étrange qu'attachante m'accueillait le temps d'un week-end prolongé dans sa jolie maison dans l'Aberdeenshire, région de la côte est de l'Ecosse, méconnue, et qui rappelle fort notre Bretagne à nous, à quelques détails près (les phoques dans la mer, par exemple...).




Vendredi.

Première journée de mon Scottish come back, rhytmée par un rangement de chambre radical, une sympathique causette avec un Andy sur le départ, puis un déjeuner cuisiné par une Margaux volant au secours de mon estomac aussi vide que mes placards. Miam! Juste le temps de faire mes courses de fournitures (4 cahiers, 3 classeurs, une pochette, une règle, une agrafeuse, une trou-trou-euse, une grosse clé USB)(elles sont chiantes, mes petites parenthèses?) avant de réaliser que 2 heures de train pour Aberdeen m'approchent virtuellement dangereusement du départ, il allait falloir sérieusement se préoccuper de rentrer en contact avec Jen. Passée par tous les moyens possibles et imaginables, je finis par la prévenir de mon arrivée imminente, ayant donc a peine le temps de jeter quelques habits et bidules divers avant de bondir dans le vert campus en direction de l'arrêt de bus. Arrêt...cardiaque aussi, quand je réalise que le billet A/R pour Aberdeen me coûtera la sympatoche somme de £47. Et ce n'est pas le cours de la £ en baisse qui va tellement amortir. Trop tard...

Deux solides heures de voyage plus tard, je retrouve la Jen, bien en forme ; s'en suivent 3/4h de transit bagnole jusqu'à sa petite maison au milieu des champs. On rejoint son petit frère et son boyfriend Callum, ainsi que les trois boules de poils. Patates, carottes, poulet, musique rétro, poker. Dodo.


Samedi.

Après un début de journée un peu laborieux (les parents McKeown reviennent d'un voyage en Angleterre, il faudra se lever tôt pour aller les chercher à la gare d'Aberdeen ; puis s'arrêter en plusieurs endroits pour "attend" tout un tas de "businesses"... ça nous occupera toute la matinée) et un lunch léger mais bienvenu, les choses sérieuses commencent. Je chausse les grosses bottes vertes car la bouillasse est monnaie courante dans la région. En avant pour une ballade des toutous dans un superbe coin de nature, avec petits extras tels que d'acrobatiques crapahutages dans une treehouse, ou de folles descentes en tyrolienne. L'énergie ainsi dépensée sera plus que compensée par les calories contenues dans les sublimes petits gateaux qui suivront.




Jen, Callum et moi-même enchaînerons sur une petite virée à la plage de Peterhead (ville portuaire à laquelle la maison McKeown, "Lochside", est rattachée). Je prouverai aux deux autres que faire un saut de main en manteau et bottes, c'est possible! Le soleil se couche, offrant à ma pellicule numérique des couleurs et formes dont la beauté dépasse incontestablement ce qui se fait à Ormoy. Mais le froid tombe en même temps que la nuit. Inspirés, on ira clôturer la journée par une bonne heure et demie de piscine, sauna, jaccuzzi et autres bains de vapeur. Si si!!!




Dimanche.

Un peu de larvage dans le doux lit rose que Jen me cède jusqu'a 10h30, puis nous sortons au petit complet (sans Jonathan) promener les chiens dans le champ marécageo-herbo-sapineux qui s'étend autour de la maison. L'après-midi, Callum, Jen et moi partons pour une grosse balade du côté du château en ruine qui nous nargue à chaque fois qu'on prend la route vers P-head. Le long chemin est fait de flaques d'eau argileuse et de boue dont la consistance nous inspirera le doux surnom de "Poo-mud".




Le chateau, qui se trouve être celui qui a inspiré l'auteur de Dracula, prend immédiatement la premiere place dans mon "Top Chateaux trop cools". Niveau sécurité c'est zéro : seule une cloture poreuse qui peut servir d'excuse à la municipalité si des gamins venaient à tomber de la grande tour ou des hauts murs qu'on peut atteindre facilement ; ce qui a dû arriver des centaines de fois tant ce qui reste de l'édifice est casse gueule et exposé aux caprices des vents est-écossais. Mais du coup c'est génial, tous ces recoins à explorer, ces structures à escalader, ces passages secrets à arpenter...
Le château est, comme il se doit, accroché au bord d'une falaise bretonnante dont nous grimperons ensuite les rochers qui s'enfoncent dans la mer. Le petit coucou au phoque, c'est à se moment-là.



Sur le retour, nous ne parviendrons pas à résoudre le mystère des milliers de "shells" et autres "crab parts" qui jonchent méthodiquement un champ de céréales. Les moutons eux mêmes sont circonspects. Mais la nuit tombe et si on veut aller visiter la carrière il faut se dépêcher un peu. En guise de carrière, nous n'aurons qu'une friche lugubre sur laquelle s'amoncellent déchets, béton coulé et matériel rouillé vandalisé. Mais un petit chemin nous emmène loin du plateau vers une superbe niche en bord de mer. On se croirait dans LBA2 (Grenoble, et maintenant ça! Décidément!). Quant au lac artificiel, il vaut le détour. Les cailloux et bouts de rochers dégringolent et s'arrachent le plus gros plouf.

Le soir, les McKeown reçoivent du monde. Ian est, comme David, passionné par les modèles d'avion téléguidés. Les deux hommes m'initient au pilotage sur une simulation ordinateur, mais qui se contrôle par un vrai boitier de commande. D'après eux, je suis celle qui a pris le plus vite la main, de tous ceux qui ont essayé! J'aurai ensuite droit jusqu'à l'indigestion à des vidéos d'autogyros, pilotés par David et Carol, ou de Youtube... mais il faut avouer que ça donne envie. Jen fera son baptème cet été. Pas d'indigestion par contre avec le Trifle qu'elle avait confectionné la veille (je m'étais contentée de fouetter la crème). Délicieux!


Lundi.

Lever aux aurores (ou presque...) pour m'inscrire aux horaires de Tutorials qui nous conviennent le mieux, à Margaux et moi. La désormais traditionnelle ballade des chiens se fera en bordure de Longhaven, une boucle sympathique dont l'extrémité donne sur la mer. Petit moment "aaah-aaah-aaah-aaah-Holy Grrrail" dans l'épaisse brume. Tiens, j'ai pas beaucoup parlé du temps -- en fait c'est comme a Stirling : le matin en général c'est gris et humide, et ça s'éclaircit l'après-midi, jusqu'à ce qu'on ait carrément du joli soleil. Il ne fait pas aussi froid qu'il pourrait, et le vent est variable. Mais dans l'ensemble c'est très satisfaisant!

En guise de repas de midi, ce sera le très local assortiment Fish n'Chips / Irn-Bru qu'on graillera (c'est le cas de le dire!) dans la voiture. Il faudra vite repartir pour la gare d'Aberdeen, tellement vite en fait que Jen et moi arriverons avec une demi-heure d'avance! Qu'à cela ne tienne, on en profitera pour se balader et faire les couillonnes sur la plage. Aberdeen, c'est assez spécial finalement ; ca a tout d'une grande ville, mais une grande ville paumée en pleine nature. C'est très bizarre de voir des barres HLM plantées dans de la verdure de bord de mer.

C'est l'heure de partir. J'emporte avec moi une boîte de Shortbreads offerte par Carol. Je lui ai aussi laissé mon "jumper" Stirling Uni vert pomme, elle m'assure qu'avec son "Vanish" elle pourra faire disparaître les taches vestiges de l'épisode "bière fermentée" post-Bruxelles (celui-même que je n'ai pas cru bon de raconter sur ce blog...). Jen me le ramènera en revenant à l'appart mercredi...


Entre deux chansons des Monty Pythons, dans la voiture :
Jen - "Yeah... Now we have to get back to Uni... Learn stuff..."
Moi - "Learn stuff? I most certainly learnt much more about british culture here than I did the whole semester!"

jeudi 7 février 2008

Ciels sur Ormoy

3h12... il est plus que temps que je commence ma petite sieste pré-départ.
Et pourtant, cet éternel besoin de "marquer le coup".
Le sommeil attendra.


Une journée très étrange, faite de voyages dans le temps à en donner le tourni, sans pourtant quitter les quelques mètres carrés que constituent ma chambrette au deuxième étage des Vieilles Vignes.
La lumière décline, les vertiges en deviennent étouffants, je lève les yeux au plafond... au ciel. Mon minuscule vélux m'appelle, quelques nuages blancs moutonnent sur un ciel sombre mais toujours bleu, d'un bleu faire-part, qui m'invite à sortir de ma prison pyramidale. Je débauche une chaise alors ensevelie sous les vêtements. Je me hisse. J'ouvre.




C'est encore plus beau dehors. Je respire l'air du soir, pur, comme en témoignent les lichens sur les tuiles devant moi. Les fils électriques tracent un horizon derrière lequel le soleil finit de se réfugier.




J'attends. J'observe. Plus encore sur l'appareil photo que sur ma rétine, les arbres et les maisons lointaines s'excusent et s'évanouissent dans l'obsurité, afin de permettre au ciel de leur voler la vedette. Celui-ci a relégué leur silhouette d'encre au rang de faire valoir. Au minuscule soleil de s'épuiser à colorer cette toile immense.




Au dernier sursaut de lumière, un avion vient balafrer le ciel. Le soleil prend peur, et les nuages, désormais gris, s'épaississent pour bander la blessure. Drôle de présage...




Le jaune est parti. C'est le temps du gris, lacéré par les arbres nus. L'atmosphère à changé.




Et c'en est presque encore plus beau...

dimanche 3 février 2008

(médiocres) Alexandrins de fin de vacances

De retour à Ormoy, mon village natal
La vie a su reprendre enfin son cours normal
Attiré par l'aura d'un
Paris hivernal
Inspiré, l'amour y viendra ouvrir le bal


Enlevée à la Beauce par la lueur lointaine
Du soleil de
Beaufort, timide sur ses plaines
Mais puissant sur le blanc bariolé de
Flaine
Retrouvailles en famille, c'est le temps des étrennes


Amis, vous étiez là, rires et nostalgie
Et Fromage à
St Quentin, Orléans, Cergy
Les vétérans du Lycée, toujours de la gueule
Et ma Chris canadienne qui repartira seule


Et enfin à
Grenoble en séjour prolongé
Nichée dans les montagnes encor' enneigées
Recharger les batteries car deux mois me séparent
Du moment où je pourrai revenir te voir


Il est temps maintenant, je suis prête à partir
Vous voyagerez tous avec moi en souvenir
Les belles choses ont une fin qui les rend précieuses
Merci pour ces deux mois, je m'en irai heureuse ...


PS : Je n'ai pas su caser "Lyon" dans mes rimes... mille excuses...
Et je n'ai pas non plus de photos des autres scubiens que j'ai adoré voir!!!