******* Interrruption des programmes pour une durée indéterminée *******
Merci de votre compréhension.

(et MERCI a tous les commentateurs!!!!)
C'est bien l'Ecosse. C'est ni trop loin, ni trop près. Et puis j'ai encore mon mac avec moi, ça va.
Plein-phares. Je suis repérée. Instantanément, les néons inondent l’espace de leur lumière crue et salissante. Tout le couloir est sur moi. Textures grossières, contrastes nauséeux, normalisation a-esthétique et déchargée de toute résonance affective. L’university me vômit dessus son fonctionnalisme. Les lampes buzzent, les circuiteries ronflent. La machine se met en quatre alors qu’il n’y a que les absents pour remplir l’espace. Et ça fait mal.
C’est que sans une meute d’étudiants pour lui insuffler un mouvement, sans des séminaires et des tutoriaux, des consorts ampoulés, des hyperboles futiles, des sweats à capuche, des vessies pleines et des ventres qui gargouillent, Cottrell n’est plus qu’un dédale disgracieux, une masse carton-pâte inutile, en mal de raison d’être. Le signifié a déserté le signifiant ; il est oeuvre d’art malgré lui, photographie surexposée, bien trop nette pour un tel superflu. Et moi qui exhibe, met à nu ces couloirs, d’un regard qui leur reflète leur laideur... Ils ne le supportent pas. Il me faut partir, les laisser à nouveau s’évanouir pudiquement dans l’obscurité ; ou bien leur rendre leur fonction, et les traverser. 
What is a journey?
A journey is not a trip.
It's not a vacation.
It's a process. A discovery.
It's a process of self-discovery.
A journey brings us face to face with ourselves.
A journey shows us not only the world
but how we fit in it.
Does the person create the journey
Or does the journey create the person?
The journey is life itself.
Where will life take you?
Quand il ne reste plus que le poids de cet Air, laissé à lui-même puisque n'ayant plus rien à conduire? Je ne suis plus nourrie que de la tentation de me laisser flotter, entre deux eaux, entre deux faux-départs, d’attendre, inerte, laisser les heures s’échouer sur moi, laisser le voile de la nuit vêtir la chambre et venir parfaire la mise en scène... Nuit. Là, il devient enfin légitime d’être « dedans » ; la journée imaginaire a passé et c’est le temps des songes réparateurs à la lueur de cheminée. Pas de cheminée ici ; c’est avec ma guirlande de lumières que j’échange mes sourires intoxiqués, assise sur la moquette incolore... Plus de couleur, non, que celles des diodes de plastique, qui uniformise, baigne chaque objet autour de moi de cette étrange hype, cet étrange cocktail automnal. Enfin sont adoucis les contours acerbes des éclaboussures qui jonchent le sol et les meubles, "mes" objets, ces choses jetées à bas, cicatrices d’un mode de vie dicté par elles. Les oranges et verts pansent ces plaies imprimées sur mon paysage et sur ma routine, impreignées jusque sur le fond de ma pensée. Je peux fusionner avec la chambre. Et le mal-aise, la rébellion cessent complètement puisque la contemplation devient esthétique. Le jour ne décline plus, pressant l’action ; la nuit est installée et stable, le temps s’arrête. L’atmosphère est suave et familière, pesante mais plaisante. Le flot d’idées se déverse et repart, revient, repart à nouveau... dans le Silence... ou le « petit bruit » ? Ronronnement feutré du système de ventilation de l’ordinateur... Martèllement discret de la machine qui déraille... Un rhytme qui cadence celui de mon cerveau... imperturbable... imperturbé...

Going Out For A Walk.
Après avoir initié Jen, au grand dam de sa mère, aux plus obscures et créatives facettes de notre belle langue française ("Vaaah the fairww fou'twwwe"!!), je continue à lui distiller notre culture, extravagances cullinaires en tête.




Jen McKeown - "My parents are a bit mad."
Samedi.
Le chateau, qui se trouve être celui qui a inspiré l'auteur de Dracula, prend immédiatement la premiere place dans mon "Top Chateaux trop cools". Niveau sécurité c'est zéro : seule une cloture poreuse qui peut servir d'excuse à la municipalité si des gamins venaient à tomber de la grande tour ou des hauts murs qu'on peut atteindre facilement ; ce qui a dû arriver des centaines de fois tant ce qui reste de l'édifice est casse gueule et exposé aux caprices des vents est-écossais. Mais du coup c'est génial, tous ces recoins à explorer, ces structures à escalader, ces passages secrets à arpenter...
Mais un petit chemin nous emmène loin du plateau vers une superbe niche en bord de mer. On se croirait dans LBA2 (Grenoble, et maintenant ça! Décidément!). Quant au lac artificiel, il vaut le détour. Les cailloux et bouts de rochers dégringolent et s'arrachent le plus gros plouf.
Lundi.
En guise de repas de midi, ce sera le très local assortiment Fish n'Chips / Irn-Bru qu'on graillera (c'est le cas de le dire!) dans la voiture. Il faudra vite repartir pour la gare d'Aberdeen, tellement vite en fait que Jen et moi arriverons avec une demi-heure d'avance! Qu'à cela ne tienne, on en profitera pour se balader et faire les couillonnes sur la plage. Aberdeen, c'est assez spécial finalement ; ca a tout d'une grande ville, mais une grande ville paumée en pleine nature. C'est très bizarre de voir des barres HLM plantées dans de la verdure de bord de mer.




