jeudi 28 février 2008

Des bugs dans Scotland 2.0

Un silence depuis 2 semaines qui n’a rien d’accidentel.
Car ce deuxième semestre se poursuit lui aussi inaccidenté.

Je ne m’ennuie pas, non. Je vis. Je sors. Je vois du monde (un peu). Je fais des choses. Je me passionne pour mes cours. Les jours s’allongent, et même si la météo est davantage dans les standards écossais post-apo que d’habitude, je me plais à être ici.

Mais en levant le nez du guidon et posant le regard contemplatif de la bloggeuse sur cette vie, rien ne me saute au visage. Rien ne s’impose à ma plume numérique. « Things have been happening, I just... ». C’est précisément ça, Jen. Ce n’est pas que rien ne s’est passé, c’est que rien n’est davantage digne d’être raconté qu’autre chose. L’équilibre général normalise la kyrielle d’évènements qui a fait ma vie ces dernières semaines. Pas question de tout raconter, ce sera donc rien, par défaut. Et pourtant, je n’ai jamais été aussi en harmonie, ici en Ecosse.

En marge de cela, et dans cette même vie mais décalé de quelques degrés de réalité, des forces contraires s’affrontent dans la violence et amènent leur lot de changements et d’espoirs. Pour l’instant, il n’y a qu’en haute mer que la tempête rage. Pas de tsunami qui déferle sur les eaux côtières, mais les marées se transforment, lentement mais sûrement, durablement. Je mue. Je deviens moi.

...Il me semble que je n’en demandais pas plus, le semestre dernier : une vie active et rangée, et des enjeux intellectuels stimulants me poussant à la remise en question.






Un semestre inaccidenté, disais-je... jusqu’à ce que le grain de sable s’engouffre dans la belle mécanique. J’en ai déjà parlé, mais à la mesure du non-évènement que c’était à l’origine : un dérèglement d’ordinateur. Qui aurait pu prévoir à quel point ce dérèglement allait être contagieux? C’est que la Pomme et son mac vivent en symbiose, et toute affliction de l’un infecte l’autre.

La douleur est chronique, imprévisible, inévitable, incurable. Les convulsions arrivent et bloquent irrémédiablement toute activité, pendant une minute, ou 10, ou 20. Un bruit, un ronronnement régulier et lobotomisant émane de la machine blessée, qui s’étale, s’étale, prend tout l’espace, tout l’esprit, ne laissant en moi que de l’ « helplessness » face à ce partenaire agonisant, qui me rejette sans qu’il n’y ait rien que je puisse faire.

Ca tourne à l'obsession. Depuis l’accident je ne dors pas bien la nuit. L’enthousiasme qui me reste au réveil est crevé dans l’oeuf, quand je constate que la nuit n’y a rien changé. L’empathie se transforme en frustration. Tout élan est coupé court, toute motivation est enchaînée. Je traine un boulet à mon pied depuis une semaine et demie. Je suis handicapée. La frustration se fait haine, dégout de me faire touner le dos au moment ou j’aurais le plus besoin de soutien. A la force intellectuelle et émotionnelle qui me pousse vers l’avant s’oppose implacablement cette inertie qui divise le temps, multiplie la durée, distort et dilue toute entreprise. Je suis immobilisée, réduite à l’inaction, vidée, privée de perspective, n’ayant plus qu’à attendre un temps indéfini. La haine se mue en rage, la rage en folie, puis en néant spirituel. Mon monde est mis sur pause. Mon futur m’est confisqué. A l’image de la machine, je me dépressurise. Dépression, risée : des nuages viennent la pluie, je m'écoule, je m'écroule...

Chaque jour, la gangraine gagne un peu de terrain. Chaque jour je me fane un peu, comme les fleurs sur ma commode.

Alors oui, il y a quelques démarches que je pourrais opposer à la fatalité, quelques démarches, sans doûte pas si compliquées que ca. Mais les forces me manquent.

Cette incapacitation ravive une vieille blessure. Celle du manque, de la privation de vous. Il s’abat sur moi alors que me sont coupés les vivres qui me permettent de la compenser, de la contourner. Pour tant de choses, et celle-ci avec, je suis entièrement tributaire de l’ElliMac, ma passerelle vers... vers tout. Le Portail s’est enrayé. Il ne reste alors plus que « moi, ici », plantée devant, exclue, prisonnière de mes manques, étouffée par ce ronronnement martelé qui imprime ses messages subliminaux dans ma coquille vide.

Si je suis capable d’écrire tout ça, maintenant, c’est dans un répis, une brèche, une fissure dans le mur des plantages. Il semblerait que couper Internet diminue leur fréquence. Serait-ce un signal ? Que faut-il que j’en fasse ?

Je me sens d’autant plus ralentir que l’enseignement écossais nous fait vivre dans la langueur extrème. L’unité de temps ici n’est pas la journée, mais la semaine. Mais la cadence des plantages explose cette semaine en autant de micro-cellules, imposant un micro-rhytme, une vie fragmentée, disséquée.

Tout ça pour ça...

Mars s’étend devant moi comme le champ de blé sur le plateau d’Ormoy-la-Rivière dans mon regard de petite fille.

dimanche 17 février 2008

Occuper mes journées

L'idée, c'est que la donne n'a pas changé depuis le premier semestre : toujours aussi peu de cours, toujours une luminosité limitée (pour l'instant), et surtout, toujours dans la même chambre recluse au fin fonds du campus, lui-même perdu à des kilomètres du centre névralgique de Stirling, elle-même ville très moyennement animée.
Mêmes écueils à éviter donc :



Jusqu'ici, les bonnes résolutions tiennent le coup. Je boude raisonnablement skype et les chats, j'arrête l'ordi à minuit pour être au lit au plus tard dans la demi-heure, ce qui me permet de me lever sans aucune difficulté à 9h30. Et je remplis ma journée. Et si, bien sûr, plus ça va plus je suis permissive en termes de dérogations, je garde un rythme relativement sain. Si, si.

Le problème, c'est qu'entre les débuts et les fins de journées, il y a les journées elles-mêmes. Et étant donné que mes misérables 9h de cours n'ont même pas encore toutes commencé, je fais face à un problème de taille : comment occuper mon temps libre?!?

Plusieurs pistes, aux résultats inégaux.


Going Out For A Walk.

Le petit projet, c'était le Wallace Monument ; vous savez, le Baradhur de mon vieux message de septembre modestement consacré à l'herbe du campus (j'en écris des conneries moi, didonc...). Depuis le temps qu'il nous narguait, du haut de sa colline, celui-là, Margaux s'était dit que cette fois il allait enfin rien perdre pour attendre.

Et pourtant, si, perdu, il en échappe belle une fois encore, puisque nous arrivons 1/4h après la fin des visites (euh, ils sont gentils, mais arrêter les visites à 16h c'est pas non plus la grosse éclate!!).

Ce ne fut pas une perte de temps totale, puisque nous mirent à profit la journée pour aller faire de grosses courses à Tesco, et, nettement plus intéressant, nous pinter la gueule au Wallace...Pub. Avec du cidre, s'il vous plait. Comme quoi, Going Out For A Drink, ça marche aussi. Sur la droite, c'est Katie, colloc américaine fofolle de Margaux.









Un petit clin d'oeil au Lazouillon : Que Crrrrrraaaaaig n'a-t-il point pris la peine de préciser que cette magnifique statue se trouvait à STIRLING!!! Hiiiiii!!!
(réponse : parce que pas un seul amerloque a entendu parler de cette ville?...)

Pour les autres : hé oui, quand on fait des statues de William Wallace, désormais, on leur impose la tronche de...Mel Gibson.







Spreading The French Word.

Après avoir initié Jen, au grand dam de sa mère, aux plus obscures et créatives facettes de notre belle langue française ("Vaaah the fairww fou'twwwe"!!), je continue à lui distiller notre culture, extravagances cullinaires en tête.

...et pourquoi pas une ptite Raclette, hein Christine???
Dans l'appellation comme dans la recette, il me sera pourtant impossible de m'abstraire de toute empreinte britishe.
D'une part, "Raclette" contient ce "r" imprononçable pour nos confrères d'outre-manche, qui ne savent rien d'autre que rouler ou gober leurs airs.
D'autre part, faudrait quand même pas espérer pouvoir trouver du morbier dans les rayonnages du Tesco local. Non, pour eux, cheese, c'est 4 x 2 m de cheddar décliné dans de multiples coloris criards, et un minuscule shelf "continental", que tout un chacun prend soin d'éviter minutieusement, et dans lequel on trouve surtout de ce que le continent a de plus asipide. Parfois quelques italiens sympas, parmesan, gorgonzola, ou du brie français, mais ça n'ira surtout pas plus loin. Bref, pour la raclette, c'est coton, et il va falloir se résoudre à entâcher l'intégrité des slots téfal en y mettant du cheddar. Idem pour la charcute : smoked bacon. Point de vue goût et consistance, la française en moi versera une petite larme, mais discrète pour ne pas trop dépayser Jen qui semble trouver ce mariage des genres à son goût. La raclette pèsera lourd sur l'estomac de Margaux, mais aussi sur la conscience de Katie, la sportive, qu'on avait déjà arrachée à sa gym quotidienne pour le Wallace Pub.




Cooking.

Dans la ligne directe de ce qui précède, car comment dit-on "gratin" en anglais? "gwwâââ'tain". J'en conclus "spécialité française". En tous cas, je suis très très fière de mon gratin d'aubergines, parce qu'il était putain de bon. Et c'est pas la Jen qui va me contredire.
Une couche aubergines/oignons "en cocotte". Une couche poulet émietté et frit à la poele. Une couche sauce tomate un peu fancy. Une couche cheddar rapé (ouiiii je sais, j'ai oublié le parmesan...). Et des pitites z'épices pour parfumer le tout. Mmmm!







Drawing.

En guise de merci aux McKeown, j'ai sorti mes encres et une GRANDE feuille à dessin. Sur ma lancée, je continue la peinture ; si ca occupe très bien les jours, ça grignotte aussi assez facilement les nuits... Et puis, rester dans ma chambre n'est plus un problème maintenant qu'elle sent bon les lilas!!!!!








Shopping.

De bonnes affaires en bonnes arnaques, sur internet ou au centre commercial de Stirling, ça occupe et ça distrait... Des robes et T-Shirt colorés à £1... Des kits manicure magiques moitié-prix (mais chers quand même!)... De la teinture verte en spray... ou encore le très fameux aspirateur à clavier USB qui s'est révélé être un échec...

Speaking of grignotter du temps, mon ordinateur dont la récente tentative de suicide n'a fait que l'handicaper sévèrement, m'insupporte de plus en plus avec ses longs plantages incessants, si bien que je me surprends à passer beaucoup de temps sur l'Apple Store (quand il me le permet bien sûr), ou plutôt sur LES apple stores, histoire de réver un peu. Qui pourrait me reprocher de plannifier dans ma tête un petit voyage prochain aux Etats-Unis, quand on voit que le même ordinateur coûte, en dollar par exemple, 2700 aux US, 3500 en UK, et 4000 chez nous pauvres pigeons!! Le même produit avec un voyage aux US en prime? Ca ne se refuse pas. Ce n'est pas parce qu'Apple est une pomme que je lui donne le droit de me marronner la poire. Si l'euro a la pêche, plutôt que de se presser le citron, je ramènerai ma fraise à la Grosse Pomme! Affaires juteuses, me voici!!!



Working.

Wor-koi?

lundi 11 février 2008

Chez les McKeown

Jen McKeown - "My parents are a bit mad."
David McKeown - "What's with a bit??!"

Les McKeown sont une famille de 7 (2 parents David et Carol, 2 enfants Jennifer et Jonathan, 2 chiens Mellie et Ila sa fille, et un chat, le psycho-cat) et en particulier une fille (Jen pour les intimes, avec qui mes lecteurs sont familiarisés -- pour les étourdis, la plus cool de l'appart) ...

Les McKeown ont une passion pour les engins de toutes sortes (16 véhicules allant de la vielle citroën à la grosse range rover en passant par le petit bateau à moteur) et en particulier les avions (modèles, ou ces petits engins volants qu'on va bientôt s'arracher, les autogyros, qu'ils pilotent d'ailleurs eux-mêmes) ...

Les McKeown accumulent les objets divers (lava-lamps, planches d'anat', warhammers...) et en particulier ceux qui ont une histoire (un berret manufacturé en Angleterre qui a sombré dans un cargo avant d'atteindre la France, repêché 20 ans plus tard, toujours en état correct parce qu'entouré d'autres berrets eux pourris, et offert à David qui partait en mission pétrolière sur un bateau sans n'avoir de couvre-chef) ...

Les McKeown ont plein de choses à raconter (dans le temps, ils ont été architecte (elle) et géologue (lui), ça fait voir du pays!) et en particulier des anecdotes pas possibles (retrouver dans une grotte lors d'une promenade en famille les ossements d'un petit garçon qui était tombé d'une falaise 9 ans plus tôt, et, au passage, raconter à la petite Jen interpellée que c'étaient ceux d'un daim...?!) ...

Je pourrais continuer ainsi longtemps (...un super sens de l'humour, une grande générosité, un écran 24", un nom impossible à prononcer...) ... Je me contenterai d'ajouter que cette famille aussi étrange qu'attachante m'accueillait le temps d'un week-end prolongé dans sa jolie maison dans l'Aberdeenshire, région de la côte est de l'Ecosse, méconnue, et qui rappelle fort notre Bretagne à nous, à quelques détails près (les phoques dans la mer, par exemple...).




Vendredi.

Première journée de mon Scottish come back, rhytmée par un rangement de chambre radical, une sympathique causette avec un Andy sur le départ, puis un déjeuner cuisiné par une Margaux volant au secours de mon estomac aussi vide que mes placards. Miam! Juste le temps de faire mes courses de fournitures (4 cahiers, 3 classeurs, une pochette, une règle, une agrafeuse, une trou-trou-euse, une grosse clé USB)(elles sont chiantes, mes petites parenthèses?) avant de réaliser que 2 heures de train pour Aberdeen m'approchent virtuellement dangereusement du départ, il allait falloir sérieusement se préoccuper de rentrer en contact avec Jen. Passée par tous les moyens possibles et imaginables, je finis par la prévenir de mon arrivée imminente, ayant donc a peine le temps de jeter quelques habits et bidules divers avant de bondir dans le vert campus en direction de l'arrêt de bus. Arrêt...cardiaque aussi, quand je réalise que le billet A/R pour Aberdeen me coûtera la sympatoche somme de £47. Et ce n'est pas le cours de la £ en baisse qui va tellement amortir. Trop tard...

Deux solides heures de voyage plus tard, je retrouve la Jen, bien en forme ; s'en suivent 3/4h de transit bagnole jusqu'à sa petite maison au milieu des champs. On rejoint son petit frère et son boyfriend Callum, ainsi que les trois boules de poils. Patates, carottes, poulet, musique rétro, poker. Dodo.


Samedi.

Après un début de journée un peu laborieux (les parents McKeown reviennent d'un voyage en Angleterre, il faudra se lever tôt pour aller les chercher à la gare d'Aberdeen ; puis s'arrêter en plusieurs endroits pour "attend" tout un tas de "businesses"... ça nous occupera toute la matinée) et un lunch léger mais bienvenu, les choses sérieuses commencent. Je chausse les grosses bottes vertes car la bouillasse est monnaie courante dans la région. En avant pour une ballade des toutous dans un superbe coin de nature, avec petits extras tels que d'acrobatiques crapahutages dans une treehouse, ou de folles descentes en tyrolienne. L'énergie ainsi dépensée sera plus que compensée par les calories contenues dans les sublimes petits gateaux qui suivront.




Jen, Callum et moi-même enchaînerons sur une petite virée à la plage de Peterhead (ville portuaire à laquelle la maison McKeown, "Lochside", est rattachée). Je prouverai aux deux autres que faire un saut de main en manteau et bottes, c'est possible! Le soleil se couche, offrant à ma pellicule numérique des couleurs et formes dont la beauté dépasse incontestablement ce qui se fait à Ormoy. Mais le froid tombe en même temps que la nuit. Inspirés, on ira clôturer la journée par une bonne heure et demie de piscine, sauna, jaccuzzi et autres bains de vapeur. Si si!!!




Dimanche.

Un peu de larvage dans le doux lit rose que Jen me cède jusqu'a 10h30, puis nous sortons au petit complet (sans Jonathan) promener les chiens dans le champ marécageo-herbo-sapineux qui s'étend autour de la maison. L'après-midi, Callum, Jen et moi partons pour une grosse balade du côté du château en ruine qui nous nargue à chaque fois qu'on prend la route vers P-head. Le long chemin est fait de flaques d'eau argileuse et de boue dont la consistance nous inspirera le doux surnom de "Poo-mud".




Le chateau, qui se trouve être celui qui a inspiré l'auteur de Dracula, prend immédiatement la premiere place dans mon "Top Chateaux trop cools". Niveau sécurité c'est zéro : seule une cloture poreuse qui peut servir d'excuse à la municipalité si des gamins venaient à tomber de la grande tour ou des hauts murs qu'on peut atteindre facilement ; ce qui a dû arriver des centaines de fois tant ce qui reste de l'édifice est casse gueule et exposé aux caprices des vents est-écossais. Mais du coup c'est génial, tous ces recoins à explorer, ces structures à escalader, ces passages secrets à arpenter...
Le château est, comme il se doit, accroché au bord d'une falaise bretonnante dont nous grimperons ensuite les rochers qui s'enfoncent dans la mer. Le petit coucou au phoque, c'est à se moment-là.



Sur le retour, nous ne parviendrons pas à résoudre le mystère des milliers de "shells" et autres "crab parts" qui jonchent méthodiquement un champ de céréales. Les moutons eux mêmes sont circonspects. Mais la nuit tombe et si on veut aller visiter la carrière il faut se dépêcher un peu. En guise de carrière, nous n'aurons qu'une friche lugubre sur laquelle s'amoncellent déchets, béton coulé et matériel rouillé vandalisé. Mais un petit chemin nous emmène loin du plateau vers une superbe niche en bord de mer. On se croirait dans LBA2 (Grenoble, et maintenant ça! Décidément!). Quant au lac artificiel, il vaut le détour. Les cailloux et bouts de rochers dégringolent et s'arrachent le plus gros plouf.

Le soir, les McKeown reçoivent du monde. Ian est, comme David, passionné par les modèles d'avion téléguidés. Les deux hommes m'initient au pilotage sur une simulation ordinateur, mais qui se contrôle par un vrai boitier de commande. D'après eux, je suis celle qui a pris le plus vite la main, de tous ceux qui ont essayé! J'aurai ensuite droit jusqu'à l'indigestion à des vidéos d'autogyros, pilotés par David et Carol, ou de Youtube... mais il faut avouer que ça donne envie. Jen fera son baptème cet été. Pas d'indigestion par contre avec le Trifle qu'elle avait confectionné la veille (je m'étais contentée de fouetter la crème). Délicieux!


Lundi.

Lever aux aurores (ou presque...) pour m'inscrire aux horaires de Tutorials qui nous conviennent le mieux, à Margaux et moi. La désormais traditionnelle ballade des chiens se fera en bordure de Longhaven, une boucle sympathique dont l'extrémité donne sur la mer. Petit moment "aaah-aaah-aaah-aaah-Holy Grrrail" dans l'épaisse brume. Tiens, j'ai pas beaucoup parlé du temps -- en fait c'est comme a Stirling : le matin en général c'est gris et humide, et ça s'éclaircit l'après-midi, jusqu'à ce qu'on ait carrément du joli soleil. Il ne fait pas aussi froid qu'il pourrait, et le vent est variable. Mais dans l'ensemble c'est très satisfaisant!

En guise de repas de midi, ce sera le très local assortiment Fish n'Chips / Irn-Bru qu'on graillera (c'est le cas de le dire!) dans la voiture. Il faudra vite repartir pour la gare d'Aberdeen, tellement vite en fait que Jen et moi arriverons avec une demi-heure d'avance! Qu'à cela ne tienne, on en profitera pour se balader et faire les couillonnes sur la plage. Aberdeen, c'est assez spécial finalement ; ca a tout d'une grande ville, mais une grande ville paumée en pleine nature. C'est très bizarre de voir des barres HLM plantées dans de la verdure de bord de mer.

C'est l'heure de partir. J'emporte avec moi une boîte de Shortbreads offerte par Carol. Je lui ai aussi laissé mon "jumper" Stirling Uni vert pomme, elle m'assure qu'avec son "Vanish" elle pourra faire disparaître les taches vestiges de l'épisode "bière fermentée" post-Bruxelles (celui-même que je n'ai pas cru bon de raconter sur ce blog...). Jen me le ramènera en revenant à l'appart mercredi...


Entre deux chansons des Monty Pythons, dans la voiture :
Jen - "Yeah... Now we have to get back to Uni... Learn stuff..."
Moi - "Learn stuff? I most certainly learnt much more about british culture here than I did the whole semester!"

jeudi 7 février 2008

Ciels sur Ormoy

3h12... il est plus que temps que je commence ma petite sieste pré-départ.
Et pourtant, cet éternel besoin de "marquer le coup".
Le sommeil attendra.


Une journée très étrange, faite de voyages dans le temps à en donner le tourni, sans pourtant quitter les quelques mètres carrés que constituent ma chambrette au deuxième étage des Vieilles Vignes.
La lumière décline, les vertiges en deviennent étouffants, je lève les yeux au plafond... au ciel. Mon minuscule vélux m'appelle, quelques nuages blancs moutonnent sur un ciel sombre mais toujours bleu, d'un bleu faire-part, qui m'invite à sortir de ma prison pyramidale. Je débauche une chaise alors ensevelie sous les vêtements. Je me hisse. J'ouvre.




C'est encore plus beau dehors. Je respire l'air du soir, pur, comme en témoignent les lichens sur les tuiles devant moi. Les fils électriques tracent un horizon derrière lequel le soleil finit de se réfugier.




J'attends. J'observe. Plus encore sur l'appareil photo que sur ma rétine, les arbres et les maisons lointaines s'excusent et s'évanouissent dans l'obsurité, afin de permettre au ciel de leur voler la vedette. Celui-ci a relégué leur silhouette d'encre au rang de faire valoir. Au minuscule soleil de s'épuiser à colorer cette toile immense.




Au dernier sursaut de lumière, un avion vient balafrer le ciel. Le soleil prend peur, et les nuages, désormais gris, s'épaississent pour bander la blessure. Drôle de présage...




Le jaune est parti. C'est le temps du gris, lacéré par les arbres nus. L'atmosphère à changé.




Et c'en est presque encore plus beau...

dimanche 3 février 2008

(médiocres) Alexandrins de fin de vacances

De retour à Ormoy, mon village natal
La vie a su reprendre enfin son cours normal
Attiré par l'aura d'un
Paris hivernal
Inspiré, l'amour y viendra ouvrir le bal


Enlevée à la Beauce par la lueur lointaine
Du soleil de
Beaufort, timide sur ses plaines
Mais puissant sur le blanc bariolé de
Flaine
Retrouvailles en famille, c'est le temps des étrennes


Amis, vous étiez là, rires et nostalgie
Et Fromage à
St Quentin, Orléans, Cergy
Les vétérans du Lycée, toujours de la gueule
Et ma Chris canadienne qui repartira seule


Et enfin à
Grenoble en séjour prolongé
Nichée dans les montagnes encor' enneigées
Recharger les batteries car deux mois me séparent
Du moment où je pourrai revenir te voir


Il est temps maintenant, je suis prête à partir
Vous voyagerez tous avec moi en souvenir
Les belles choses ont une fin qui les rend précieuses
Merci pour ces deux mois, je m'en irai heureuse ...


PS : Je n'ai pas su caser "Lyon" dans mes rimes... mille excuses...
Et je n'ai pas non plus de photos des autres scubiens que j'ai adoré voir!!!