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dimanche 17 février 2008

Occuper mes journées

L'idée, c'est que la donne n'a pas changé depuis le premier semestre : toujours aussi peu de cours, toujours une luminosité limitée (pour l'instant), et surtout, toujours dans la même chambre recluse au fin fonds du campus, lui-même perdu à des kilomètres du centre névralgique de Stirling, elle-même ville très moyennement animée.
Mêmes écueils à éviter donc :



Jusqu'ici, les bonnes résolutions tiennent le coup. Je boude raisonnablement skype et les chats, j'arrête l'ordi à minuit pour être au lit au plus tard dans la demi-heure, ce qui me permet de me lever sans aucune difficulté à 9h30. Et je remplis ma journée. Et si, bien sûr, plus ça va plus je suis permissive en termes de dérogations, je garde un rythme relativement sain. Si, si.

Le problème, c'est qu'entre les débuts et les fins de journées, il y a les journées elles-mêmes. Et étant donné que mes misérables 9h de cours n'ont même pas encore toutes commencé, je fais face à un problème de taille : comment occuper mon temps libre?!?

Plusieurs pistes, aux résultats inégaux.


Going Out For A Walk.

Le petit projet, c'était le Wallace Monument ; vous savez, le Baradhur de mon vieux message de septembre modestement consacré à l'herbe du campus (j'en écris des conneries moi, didonc...). Depuis le temps qu'il nous narguait, du haut de sa colline, celui-là, Margaux s'était dit que cette fois il allait enfin rien perdre pour attendre.

Et pourtant, si, perdu, il en échappe belle une fois encore, puisque nous arrivons 1/4h après la fin des visites (euh, ils sont gentils, mais arrêter les visites à 16h c'est pas non plus la grosse éclate!!).

Ce ne fut pas une perte de temps totale, puisque nous mirent à profit la journée pour aller faire de grosses courses à Tesco, et, nettement plus intéressant, nous pinter la gueule au Wallace...Pub. Avec du cidre, s'il vous plait. Comme quoi, Going Out For A Drink, ça marche aussi. Sur la droite, c'est Katie, colloc américaine fofolle de Margaux.









Un petit clin d'oeil au Lazouillon : Que Crrrrrraaaaaig n'a-t-il point pris la peine de préciser que cette magnifique statue se trouvait à STIRLING!!! Hiiiiii!!!
(réponse : parce que pas un seul amerloque a entendu parler de cette ville?...)

Pour les autres : hé oui, quand on fait des statues de William Wallace, désormais, on leur impose la tronche de...Mel Gibson.







Spreading The French Word.

Après avoir initié Jen, au grand dam de sa mère, aux plus obscures et créatives facettes de notre belle langue française ("Vaaah the fairww fou'twwwe"!!), je continue à lui distiller notre culture, extravagances cullinaires en tête.

...et pourquoi pas une ptite Raclette, hein Christine???
Dans l'appellation comme dans la recette, il me sera pourtant impossible de m'abstraire de toute empreinte britishe.
D'une part, "Raclette" contient ce "r" imprononçable pour nos confrères d'outre-manche, qui ne savent rien d'autre que rouler ou gober leurs airs.
D'autre part, faudrait quand même pas espérer pouvoir trouver du morbier dans les rayonnages du Tesco local. Non, pour eux, cheese, c'est 4 x 2 m de cheddar décliné dans de multiples coloris criards, et un minuscule shelf "continental", que tout un chacun prend soin d'éviter minutieusement, et dans lequel on trouve surtout de ce que le continent a de plus asipide. Parfois quelques italiens sympas, parmesan, gorgonzola, ou du brie français, mais ça n'ira surtout pas plus loin. Bref, pour la raclette, c'est coton, et il va falloir se résoudre à entâcher l'intégrité des slots téfal en y mettant du cheddar. Idem pour la charcute : smoked bacon. Point de vue goût et consistance, la française en moi versera une petite larme, mais discrète pour ne pas trop dépayser Jen qui semble trouver ce mariage des genres à son goût. La raclette pèsera lourd sur l'estomac de Margaux, mais aussi sur la conscience de Katie, la sportive, qu'on avait déjà arrachée à sa gym quotidienne pour le Wallace Pub.




Cooking.

Dans la ligne directe de ce qui précède, car comment dit-on "gratin" en anglais? "gwwâââ'tain". J'en conclus "spécialité française". En tous cas, je suis très très fière de mon gratin d'aubergines, parce qu'il était putain de bon. Et c'est pas la Jen qui va me contredire.
Une couche aubergines/oignons "en cocotte". Une couche poulet émietté et frit à la poele. Une couche sauce tomate un peu fancy. Une couche cheddar rapé (ouiiii je sais, j'ai oublié le parmesan...). Et des pitites z'épices pour parfumer le tout. Mmmm!







Drawing.

En guise de merci aux McKeown, j'ai sorti mes encres et une GRANDE feuille à dessin. Sur ma lancée, je continue la peinture ; si ca occupe très bien les jours, ça grignotte aussi assez facilement les nuits... Et puis, rester dans ma chambre n'est plus un problème maintenant qu'elle sent bon les lilas!!!!!








Shopping.

De bonnes affaires en bonnes arnaques, sur internet ou au centre commercial de Stirling, ça occupe et ça distrait... Des robes et T-Shirt colorés à £1... Des kits manicure magiques moitié-prix (mais chers quand même!)... De la teinture verte en spray... ou encore le très fameux aspirateur à clavier USB qui s'est révélé être un échec...

Speaking of grignotter du temps, mon ordinateur dont la récente tentative de suicide n'a fait que l'handicaper sévèrement, m'insupporte de plus en plus avec ses longs plantages incessants, si bien que je me surprends à passer beaucoup de temps sur l'Apple Store (quand il me le permet bien sûr), ou plutôt sur LES apple stores, histoire de réver un peu. Qui pourrait me reprocher de plannifier dans ma tête un petit voyage prochain aux Etats-Unis, quand on voit que le même ordinateur coûte, en dollar par exemple, 2700 aux US, 3500 en UK, et 4000 chez nous pauvres pigeons!! Le même produit avec un voyage aux US en prime? Ca ne se refuse pas. Ce n'est pas parce qu'Apple est une pomme que je lui donne le droit de me marronner la poire. Si l'euro a la pêche, plutôt que de se presser le citron, je ramènerai ma fraise à la Grosse Pomme! Affaires juteuses, me voici!!!



Working.

Wor-koi?

lundi 11 février 2008

Chez les McKeown

Jen McKeown - "My parents are a bit mad."
David McKeown - "What's with a bit??!"

Les McKeown sont une famille de 7 (2 parents David et Carol, 2 enfants Jennifer et Jonathan, 2 chiens Mellie et Ila sa fille, et un chat, le psycho-cat) et en particulier une fille (Jen pour les intimes, avec qui mes lecteurs sont familiarisés -- pour les étourdis, la plus cool de l'appart) ...

Les McKeown ont une passion pour les engins de toutes sortes (16 véhicules allant de la vielle citroën à la grosse range rover en passant par le petit bateau à moteur) et en particulier les avions (modèles, ou ces petits engins volants qu'on va bientôt s'arracher, les autogyros, qu'ils pilotent d'ailleurs eux-mêmes) ...

Les McKeown accumulent les objets divers (lava-lamps, planches d'anat', warhammers...) et en particulier ceux qui ont une histoire (un berret manufacturé en Angleterre qui a sombré dans un cargo avant d'atteindre la France, repêché 20 ans plus tard, toujours en état correct parce qu'entouré d'autres berrets eux pourris, et offert à David qui partait en mission pétrolière sur un bateau sans n'avoir de couvre-chef) ...

Les McKeown ont plein de choses à raconter (dans le temps, ils ont été architecte (elle) et géologue (lui), ça fait voir du pays!) et en particulier des anecdotes pas possibles (retrouver dans une grotte lors d'une promenade en famille les ossements d'un petit garçon qui était tombé d'une falaise 9 ans plus tôt, et, au passage, raconter à la petite Jen interpellée que c'étaient ceux d'un daim...?!) ...

Je pourrais continuer ainsi longtemps (...un super sens de l'humour, une grande générosité, un écran 24", un nom impossible à prononcer...) ... Je me contenterai d'ajouter que cette famille aussi étrange qu'attachante m'accueillait le temps d'un week-end prolongé dans sa jolie maison dans l'Aberdeenshire, région de la côte est de l'Ecosse, méconnue, et qui rappelle fort notre Bretagne à nous, à quelques détails près (les phoques dans la mer, par exemple...).




Vendredi.

Première journée de mon Scottish come back, rhytmée par un rangement de chambre radical, une sympathique causette avec un Andy sur le départ, puis un déjeuner cuisiné par une Margaux volant au secours de mon estomac aussi vide que mes placards. Miam! Juste le temps de faire mes courses de fournitures (4 cahiers, 3 classeurs, une pochette, une règle, une agrafeuse, une trou-trou-euse, une grosse clé USB)(elles sont chiantes, mes petites parenthèses?) avant de réaliser que 2 heures de train pour Aberdeen m'approchent virtuellement dangereusement du départ, il allait falloir sérieusement se préoccuper de rentrer en contact avec Jen. Passée par tous les moyens possibles et imaginables, je finis par la prévenir de mon arrivée imminente, ayant donc a peine le temps de jeter quelques habits et bidules divers avant de bondir dans le vert campus en direction de l'arrêt de bus. Arrêt...cardiaque aussi, quand je réalise que le billet A/R pour Aberdeen me coûtera la sympatoche somme de £47. Et ce n'est pas le cours de la £ en baisse qui va tellement amortir. Trop tard...

Deux solides heures de voyage plus tard, je retrouve la Jen, bien en forme ; s'en suivent 3/4h de transit bagnole jusqu'à sa petite maison au milieu des champs. On rejoint son petit frère et son boyfriend Callum, ainsi que les trois boules de poils. Patates, carottes, poulet, musique rétro, poker. Dodo.


Samedi.

Après un début de journée un peu laborieux (les parents McKeown reviennent d'un voyage en Angleterre, il faudra se lever tôt pour aller les chercher à la gare d'Aberdeen ; puis s'arrêter en plusieurs endroits pour "attend" tout un tas de "businesses"... ça nous occupera toute la matinée) et un lunch léger mais bienvenu, les choses sérieuses commencent. Je chausse les grosses bottes vertes car la bouillasse est monnaie courante dans la région. En avant pour une ballade des toutous dans un superbe coin de nature, avec petits extras tels que d'acrobatiques crapahutages dans une treehouse, ou de folles descentes en tyrolienne. L'énergie ainsi dépensée sera plus que compensée par les calories contenues dans les sublimes petits gateaux qui suivront.




Jen, Callum et moi-même enchaînerons sur une petite virée à la plage de Peterhead (ville portuaire à laquelle la maison McKeown, "Lochside", est rattachée). Je prouverai aux deux autres que faire un saut de main en manteau et bottes, c'est possible! Le soleil se couche, offrant à ma pellicule numérique des couleurs et formes dont la beauté dépasse incontestablement ce qui se fait à Ormoy. Mais le froid tombe en même temps que la nuit. Inspirés, on ira clôturer la journée par une bonne heure et demie de piscine, sauna, jaccuzzi et autres bains de vapeur. Si si!!!




Dimanche.

Un peu de larvage dans le doux lit rose que Jen me cède jusqu'a 10h30, puis nous sortons au petit complet (sans Jonathan) promener les chiens dans le champ marécageo-herbo-sapineux qui s'étend autour de la maison. L'après-midi, Callum, Jen et moi partons pour une grosse balade du côté du château en ruine qui nous nargue à chaque fois qu'on prend la route vers P-head. Le long chemin est fait de flaques d'eau argileuse et de boue dont la consistance nous inspirera le doux surnom de "Poo-mud".




Le chateau, qui se trouve être celui qui a inspiré l'auteur de Dracula, prend immédiatement la premiere place dans mon "Top Chateaux trop cools". Niveau sécurité c'est zéro : seule une cloture poreuse qui peut servir d'excuse à la municipalité si des gamins venaient à tomber de la grande tour ou des hauts murs qu'on peut atteindre facilement ; ce qui a dû arriver des centaines de fois tant ce qui reste de l'édifice est casse gueule et exposé aux caprices des vents est-écossais. Mais du coup c'est génial, tous ces recoins à explorer, ces structures à escalader, ces passages secrets à arpenter...
Le château est, comme il se doit, accroché au bord d'une falaise bretonnante dont nous grimperons ensuite les rochers qui s'enfoncent dans la mer. Le petit coucou au phoque, c'est à se moment-là.



Sur le retour, nous ne parviendrons pas à résoudre le mystère des milliers de "shells" et autres "crab parts" qui jonchent méthodiquement un champ de céréales. Les moutons eux mêmes sont circonspects. Mais la nuit tombe et si on veut aller visiter la carrière il faut se dépêcher un peu. En guise de carrière, nous n'aurons qu'une friche lugubre sur laquelle s'amoncellent déchets, béton coulé et matériel rouillé vandalisé. Mais un petit chemin nous emmène loin du plateau vers une superbe niche en bord de mer. On se croirait dans LBA2 (Grenoble, et maintenant ça! Décidément!). Quant au lac artificiel, il vaut le détour. Les cailloux et bouts de rochers dégringolent et s'arrachent le plus gros plouf.

Le soir, les McKeown reçoivent du monde. Ian est, comme David, passionné par les modèles d'avion téléguidés. Les deux hommes m'initient au pilotage sur une simulation ordinateur, mais qui se contrôle par un vrai boitier de commande. D'après eux, je suis celle qui a pris le plus vite la main, de tous ceux qui ont essayé! J'aurai ensuite droit jusqu'à l'indigestion à des vidéos d'autogyros, pilotés par David et Carol, ou de Youtube... mais il faut avouer que ça donne envie. Jen fera son baptème cet été. Pas d'indigestion par contre avec le Trifle qu'elle avait confectionné la veille (je m'étais contentée de fouetter la crème). Délicieux!


Lundi.

Lever aux aurores (ou presque...) pour m'inscrire aux horaires de Tutorials qui nous conviennent le mieux, à Margaux et moi. La désormais traditionnelle ballade des chiens se fera en bordure de Longhaven, une boucle sympathique dont l'extrémité donne sur la mer. Petit moment "aaah-aaah-aaah-aaah-Holy Grrrail" dans l'épaisse brume. Tiens, j'ai pas beaucoup parlé du temps -- en fait c'est comme a Stirling : le matin en général c'est gris et humide, et ça s'éclaircit l'après-midi, jusqu'à ce qu'on ait carrément du joli soleil. Il ne fait pas aussi froid qu'il pourrait, et le vent est variable. Mais dans l'ensemble c'est très satisfaisant!

En guise de repas de midi, ce sera le très local assortiment Fish n'Chips / Irn-Bru qu'on graillera (c'est le cas de le dire!) dans la voiture. Il faudra vite repartir pour la gare d'Aberdeen, tellement vite en fait que Jen et moi arriverons avec une demi-heure d'avance! Qu'à cela ne tienne, on en profitera pour se balader et faire les couillonnes sur la plage. Aberdeen, c'est assez spécial finalement ; ca a tout d'une grande ville, mais une grande ville paumée en pleine nature. C'est très bizarre de voir des barres HLM plantées dans de la verdure de bord de mer.

C'est l'heure de partir. J'emporte avec moi une boîte de Shortbreads offerte par Carol. Je lui ai aussi laissé mon "jumper" Stirling Uni vert pomme, elle m'assure qu'avec son "Vanish" elle pourra faire disparaître les taches vestiges de l'épisode "bière fermentée" post-Bruxelles (celui-même que je n'ai pas cru bon de raconter sur ce blog...). Jen me le ramènera en revenant à l'appart mercredi...


Entre deux chansons des Monty Pythons, dans la voiture :
Jen - "Yeah... Now we have to get back to Uni... Learn stuff..."
Moi - "Learn stuff? I most certainly learnt much more about british culture here than I did the whole semester!"

dimanche 3 février 2008

(médiocres) Alexandrins de fin de vacances

De retour à Ormoy, mon village natal
La vie a su reprendre enfin son cours normal
Attiré par l'aura d'un
Paris hivernal
Inspiré, l'amour y viendra ouvrir le bal


Enlevée à la Beauce par la lueur lointaine
Du soleil de
Beaufort, timide sur ses plaines
Mais puissant sur le blanc bariolé de
Flaine
Retrouvailles en famille, c'est le temps des étrennes


Amis, vous étiez là, rires et nostalgie
Et Fromage à
St Quentin, Orléans, Cergy
Les vétérans du Lycée, toujours de la gueule
Et ma Chris canadienne qui repartira seule


Et enfin à
Grenoble en séjour prolongé
Nichée dans les montagnes encor' enneigées
Recharger les batteries car deux mois me séparent
Du moment où je pourrai revenir te voir


Il est temps maintenant, je suis prête à partir
Vous voyagerez tous avec moi en souvenir
Les belles choses ont une fin qui les rend précieuses
Merci pour ces deux mois, je m'en irai heureuse ...


PS : Je n'ai pas su caser "Lyon" dans mes rimes... mille excuses...
Et je n'ai pas non plus de photos des autres scubiens que j'ai adoré voir!!!

dimanche 16 décembre 2007

Petites updates pré-vacances...

La Scottish Elli, d'abord, elle a passé ses examens... sans le badge du Parlement mais quand même tous dans ce même T-shirt, en fait, histoire de bien montrer "where her loyalty lies" (et aussi par superstitution débile). Les résultats ne seront pas forcément brillants (du moins pas tous) mais "c'est fait", et avec les excellentes notes de tutorial, ca devrait me permettre de passer deux mois de vacances tranquilles.

Deux mois de vacances...
Deux mois...
Euh... je suis toujours dans la Scube, ou?...


La célébration de la fin des emmerdements s'est faite par une petite aprèm "régression" avec la co-loque Pipotienne, au programme initiation de la miss à Crash Team Racing (qui commence à pas trop mal s'en tirer en mode "facile"!), puis vieux délires sur les minikeum et autres hauts-lieux de culture des gamins des 90s que nous fûment, et enfin, décadence achevée en se ruinant au Mc Do de la ville par de gros specials bien gras et délicieux, et un McFlurry chocolat-orange pour ne pas se dire qu'on n'aura pas été jusqu'au bout... Je rappelle que la Margotte est sensée être militante alter... et aussi qu'on venait à peine de finir a digestion d'une grosse pizza au fromage...


Ensuite, la Scottish Elli, elle a fait ses valises, ses adieux, (pas) sa vaisselle, puis a été voir la Glaswegian Bee, dans sa ruche bleue, et qui fêtait (un peu à contre coeur avant la bouteille de Baileys, beaucoup plus volontiers après) son entrée dans la vingtaine (ou la trentaine, selon comme on compte) (noooon, je ne cherche en rien à te démoraliser là, ma ptite Béa).
Un Carrot-cake suintant ("ça fait un peu comme des fruits de mer"), des bougies qui faillirent ne jamais s'allumer, de longues marches au milieu des exubérantes lumières de Noël, une rasia sur le Pound Store, et, bien sûr, une veillée entre amies expat alimentée par le bon goût ébriétant du Baileys, ça a suffit pour rendre les adieux déchirants (de toutes façons, même si ça n'avait pas suffit, il l'auraient été quand même). Une qui reste, une qui part (sans aucune envie de partir, sur le moment).




-> ->



C'était la deuxième fois cette semaine que j'allais voir la Béa. Et pas seulement une ou deux petites heures comme ça : vraiment. J'ai une sacrée chance de l'avoir, ma scubienne-pas-loin. La journée de lundi était assez représentative : entre deux exams, petits plaisirs à la mode italo-franco-éossaise (crêpes parmesan cheddar bacon, puis Nutella), gambadage dans la nécropole (située, étrangement, contigument à la brewery de Tennent's... vous savez c'est là où y'a ce fameux panneau "ANGER = KEEP OUT"!), et couillonneries avec PhotoBooth...

(Ci-dessous une photo de ce qu'elle voit de la fenêtre de sa cuisine)



Scottish Elli ce n'est pas vraiment moi, ce n'est pas moi entière, et c'est un pan de moi qui est loin d'être, avouons-le, dans les meilleures conditions d'épanouissement possibles. Mais c'est quand même moi depuis 3 mois, et j'y tiens. Et quand elle s'est évanouie progressivement, un peu plus à chaque pas pris vers la France, vers ce pays aux résonances multiples et au froid glacial, ça n'a pas été sans douleur. Comme cette personne qu'on n'aime pas trop, mais qu'on a tant fréquenté qu'on y est fatalement attaché, et dont on va détester se séparer. Un trajet pris vers ma France à contre coeur, avec difficulté ; mais tout ça n'a été que transitoire, et Scottish Elli ne me laissa bientôt plus qu'un vague souvenir, tels ceux qui restent au matin de la personne qu'on a été en rêves... Elli-la-française a émergé, s'est réveillée et a repris contrôle, a pris sa place parmi les siens le plus naturellement du monde, comme si elle n'était jamais partie.



(Alors quoi, toute cette histoire d'Ecosse, c'est un rêve, c'est du survol, "ça n'existe pas"? ...)

samedi 8 décembre 2007

Mighty Bruxelles!!

Bon... J'ai encore le post sur Bruxelles (prononcer : Brusssssselles) à pondre...
Il est 1h52 et j'aurais aimé me coucher tôt hier, pour me réveiller tôt aujourd'hui... total, on est aujourd'hui et je ne suis toujours pas couchée.

Alors, ca va être beaucoup moins "fancy" que prévu.

Je vais faire par photo...

J'aime la Belgique. C'est un fait. Tintin et les BD, l'accent trop chou, les gauffres, le bon jazz, la bière (??), le Chat, l'humour en général, l'UE...
La Belgique va-t-elle craquer? C'est la grande question. Je dois dire que les avis sont partagés. Le speaker (francophone) de la DG Eduction et Culture répond tout simplement "non". Le pizzaiolo d'origine nerlandophone m'explique en français que les troubles sont causés par une minorité qui n'est pas représentative, que de toutes façons c'est pas nouveau, et qu'il faudrait imposer aux deux communautés l'apprentissage de l'autre langue. Une copine d'une copine de Jack, flammande beaucoup moins enthousiaste, se plaint de l'arrogance des francophones et de leur refus d'apprendre le flammand, et mise sur une rupture. Il est vrai que cette Belgique, symbole malgré elle, a peu de tradition de vie commune...
La plupart des autres s'interrogent sur la faisabilité d'une telle rupture, qui engendrerait deux ersatz de Luxembourg... Et, quid de Bruxelles? Et quoi, ce pays qui est pratiquement une institution Européenne, splitter? Instinctivement, je dis non... puis je me demande si la Belgique que j'aime n'est-elle pas la francophone, au fond? Que connais-je de la nérlandophone? Et puis, plus ca va, plus je me demande pourquoi on ne vire pas les Etats pour passer direct à une Europe fédérale des régions...


Cette chose bizarre c'est l'Atomium de Bruxelles. Sans grand intérêt, il faut bien le dire... Mais durant le temps libre qu'on avait le jeudi après midi, après avoir très connement "perdu" les copines allemandes à l'Infopoint du Parlement, par temps de pluie, ca me semblait une option intéressante parmi celles proposées par mon superbe petit guide "hachette - voir"... Pas tant que ca en fait, mais peu importe ; ca m'a plu de faire "mon petit programme", "mes petits machins" toute seule dans le grand bruxelles... Surtout quand je me retrouvais dans des rues qui me rappelaient les vacances!! "Oh c'est là que Couillon avait fait le couillon"... :p
Au final, la bibliothèque du Cébébédé (centre belge de la BD) avait fermé plus tôt que prévu, et la partie "lire des nouvelles BD pendant une heure" s'est transformée en "lire mon Memoirs of a Geisha à Pizza Hutt", avec petit moment de honte quand j'ai croisé par hasard un de mes fellow UEers. Heureusement, il ne m'a pas semblé lire de pitié dans ce regard posé sur "la pauvre fille qui visiblement n'a pas d'amis". Cette pauvre fille est ensuite allée seule au ciné IMAX voir Stardust (VO sous-titrée Français ET Neerlandais!!), depuis le temps qu'elle en avait envie, hébé, elle n'a pas été déçue!!




L'UE. J'aaaaaiiiime. C'était le pied total de se balader l'air de rien dans les instances de pouvoir... et l'éclate de se retrouver dans ces salles de réunion avec les micro, les petites bouteilles d'eau, les étiquettes-pays, les locaux de traduction derrière...


L'UE, ça en jette, aussi. Les architectures des bâtiments, ya pas à dire, c'est la grande classe. Sur les photos : Intérieur de Justus Lipsius (Conseil) décoré pour la présidence portugaise, centre des visites de la Commission, Sculpture au Parlement, façade du Justus Lipsius, entrée du Parlement, Berlaymont (Commission).






D'abord le Parlement. Graham a su nous dénicher la compagnie de 5 MEPs écossais, représentatifs de l'échiquier politique (une labour, une liberal, un indépendantiste, et deux tories). Ils étaient tous dans le "fishing committee" ces couillons-là (hé oui, ça pêche en Ecosse!!) donc on a parlé poiscaille pendant une heure. C'était moyen intéressant, un peu folklo à la fin quand la labour a commencé à insulter le tory (mais ça restait gentillet...).
Il est amusant de constater la corrélation entre l'âge, le sexe, et la position sur l'échiquier politique. La labour était une jeune femme fringante, la libérale avait la quarantaine, les deux tories étaient des fossiles. Exception faite de l'indépendantiste (ce qui est logique!!) ; vous voyez le type sur toutes les cartes postales, Mc quequ'chose, qui pose en kilt en jouant du biniou? Bein voila, c'était ce type-là. La politique, c'est très prévisible.
En fait, la principale chose que nous avons apprise, c'est que tout le métier d'un MEP (Membre du Parlement Européen) consiste à connaître le bon timing avant d'ouvrir cette fameuse petite bouteille d'eau grazeuse, et d'avoir le geste fluide qui fait qu'elle n'explose pas entre ses mains. Plus facile à dire qu'à faire ; tous ceux dans notre classe qui ont tenté l'aventure se sont retrouvés gravement aspergés de bulles et de honte.
A la sortie, j'ai pourtant tendu le cou pour tenter d'apercevoir un Bourlanges en sortie de plénière, mais niet. J'apprendrai à mon retour que ce cher Jean-Louis a décidé de quitter le Parlement...

Ensuite, la Commission. Enfin...presque. Le centre de com de la Commission, en fait... Deux conférences d'intérêt inégal. Mais le plus chouette a été quand, en sortant, on nous a passé le "kit Commission" avec un certain nombre de choses plus ou moins inutiles dedans, dont, UN PARAPLUIE "EUROPEAN COMMISSION - CITIZENSHIP"!! I looove it!!!

Et enfin, le Conseil. Justus Lipsius abrite les réunions des Conseil des ministres, et du secrétariat général qui s'occupe aussi du Conseil Européen (dit des Chefs d'Etats et de Gouvernement, ou de la Crème de la Crème). Et là!!! C'était hallucinant. Rien que pour ça, ça valait le voyage. Un fonctionnaire italien hautement placé dans les rangs du secrétariat, qui commence d'emblée par nous dire que si quelqu'un enregistre la scéance, il perd son travail... Magistral. Avec l'accent, j'ai pas compris toutes les vannes, mais c'était joussif, pour sûr...

Petite déception tout de même de n'avoir pas pu "rentrer à la Commission par la grande porte" du Berlaymont, ou assister à la plénière du Parlement, comme promis par Graham...


Et puis, j'ai bien sûr eu le plaisir de visiter la jolie ville de Bruxelles décorée pour Noel (oui, ils en font beaucoup les bruxellois...), seule, mais aussi accompagnée des camarades de voyage très très sympas, ou encore en charmante compagnie... Bref, aucunement un Vienne-bis, des rencontres précieuses, particulièrement mes Allemandes, et Jack, un Edinbourgeois trop adorable et généreux... Déambulations dans la ville, mais aussi dégustation de vin chaud, de bière d'abbaye, de chili-vodka, de saucisson de renne et de fromages français.





Une derniere photo pour ceux que ça intéresseraient de voir benoit XVI "taking a leak" :


Ah ce cher Manneken Pis!! Joyau Bruxellois qui est, avouons-le, très loin d'en être un... D'après mon guide, le fils d'un Duc belge avait pissé contre un arbre en pleine bataille, ce qui est supposé symboliser le courage du pays... Ha, ha! Maintenant, la tradition est que ce cher Pis est régulièrement costumé lorsque des personnalités lui font don de vêtements, comme le fit Elvis par exemple...

...Il était temps que je le ponde ce post sur Bruxelles!!
C'est pas génial mais il est tard. Normalement, y'en avait un deuxième de prévu, pour raconter mes conneries et mon agonie du lendemain, misant notamment sur le pouvoir comique de l'image de 3 bouteilles de bière éclatées dans ma valise, ou celle plus dramatique d'une Cam blanche comme un linge dans les toilettes du bus Prestwick-Stirling, mais vraiment, what's the point...

Aie, hé oui, j'ai encore merdé ma promesse à moi même de me coucher tôt. Big time. Et merde...
Bonne nuit!