J'ai jamais laissé passer autant de temps entre deux messages...
Bon il faut dire que depuis la dernière fois, je suis allée au Loch Lomond avec Béa, puis à Edinburgh (mais PAS avec mes colocs, toute seule, pour prendre mon avion, dans un épique élan commencé à 5h30 du matin), puis à Paris, à Ormoy, et enfin à Bruxelles avant de revenir à mon point de départ.
C'est à la fois une excuse pour ne pas avoir écrit, mais aussi surement un tort supplémentaire puisque je ne pourrais pas me plaindre que l'inspiration manque...
Et pourtant... si, un peu.
Je crois que le mieux (et puis si c'est pas le mieux, tanpis, c'est ce que je vais faire de toutes façons) serait que je procède par photo.

(Psst. Petit tips pour ceux d'entre vous qui feraient la lecture orale de ce paragraphe
[nan mais qui voudrait bien faire une chose pareille???], je vous arrête tout de suite, avant que vous vous ridiculisiez. Ne commencez pas avant de vous être entraînés à prononcer ce nom : "Balloch". Pour ceux qui connaissent, c'est un peu comme le "Bellick" de Prison Break, sauf que c'est pas vraiment "e" mais bien un genre de mélange entre "a" et "e" ; par contre ça se finit pas pareil. En fait, il est vraiment très difficile de décrire comment ça se finit. C'est certainement pas "K". C'est pas non plus notre "ch" français. Peut-être un genre de "ch" allemand, mais avec plein d'air dedans. Balloch se prononcerait donc ... Baelei'chhh. J'ai bon, Béa?)

Balloch.
Terminus d'une des lignes des "Low level trains" ce qui correspond grosso modo à nos RER/TER (beh oui c'est ptit l'Ecosse, à quoi ça servirait de faire la distinction?). En bordure du grand Loch Lomond. C'est là où nous sommes descendues avec Béa pour notre petite balade prévue de longue date. Elle a mis longtemps à démarrer (la ballade pas Béa : quête d'une office de tourisme, paumage dans la partie moche de la ville, allers-retours pour tenter de gagner les bords du loch) et n'était pas toujours de tout repos (grande montée pour rejoindre un chemin quand le notre se trouva barré par un enclos de vaches dont les clôtures descendaient jusque dans l'eau), mais au final elle en valait la peine, surtout pour le parc du chateau sur lequel on tomba un peu par hasard au retour, superbe. Et puis bien sûr le Traditionnal Scottish Breakfast de 15h30...

Je suis sure que quand les tintinophiles d'entre vous pensent au Loch Lomond, ils n'imaginent pas le plus vaste lac d'Ecosse. Il s'agit en effet du whisky préféré du capitaine, et aussi de Milou, d'ailleurs! Les plus savants sauront que pourtant dans les premières éditions de l'Ile Noire, et quelques autres albums, le Loch Lomond n'existait pas, et Hergé s'était servi de la célèbre marque Johnnie Walker
(avec son symbole le Striding Man qui mange les chats!!!! ;) ) , mais il avait du y renoncer pour des questions de copyright — les J.W. avaient un piètre sens des affaires!!. Du coup, il créa son propre whisky, Loch Lomond. Ce qui est amusant c'est qu'il existe bel et bien une distillerie de Scotch Whisky qui s'appelle comme ça en bordure du loch, mais celle-ci a été fondée APRES la publication des albums. Meilleur exemple de sens des affaires ici, pour une distillerie qui se vante improprement d'avoir produit le whisky préféré du capitaine, et qui est de ce fait devenu un haut lieu des parcours Tintin...
(au fait j'espère pour le pauvre capitaine que les Scots ne prononcent pas son nom comme ils prononcent Balloch!!!)

Photo suivante, s'il vous plait...

Ca c'est Mon Chez Moi. J'en avais un tel manque, un tel besoin. Une fois chez moi, c'était comme si je n'étais jamais partie. Ce qui se passe ici en Ecosse est une partie tellement infime de ma vie, après tout. Bon, il se trouve que c'est le "maintenant“. Mais cela mis à part, les 6 mois que je vais y passer en tout, sur 20 ans de vie, ça fait... un quarantième. Imaginons un gâteau, et imaginons ce que c'est qu'un quarantième de gateau. Une part de gateau c'est un huitième... donc ça fait un cinquième de part... une petite bouchée... Et si on pense à toute ma vie, que je vais chiffrer arbitrairement à 80 ans (même si selon une version plus petite de moi-même je suis sensée me suicider avant!), ça fait, ouh, un cent-soixantième, soit un vingtième de la part, autant dire une miette!!
(A part ça, c'est la première fois que j'écris le chiffre "20" en parlant de moi... haha... ca fait un peu drole...)
Un MAJEUR effet secondaire de ce retour aux sources, a été la “régression", le rembobinage des années. Peut-être dûe à cette interminable phase de transition dans laquelle je me trouve, dans laquelle n'importe qui se trouve à ce genre d'âge, transition entre l'enfance et ...ce qu'il y a ensuite. Et la transition est rude, on est dans l'inconnu, dans l'incertitude, on se perd... et c'est tellement rassurant de regarder constamment en arrière, de faire un voyage dans le temps pour se remettre dans la situation dans laquelle on était il n'y a pas si longtemps, se replier, régresser...

Et c'est d'autant plus facile pour moi qui ai eu une enfance qui a été rythmée par les... Pasinae... lol, un joli mot que je m'étais amusée à créer pour faire référence aux mondes parallèles dans lesquels je me projetais, ou bien qui servaient de prétexte à développer mes relations avec les autres, famille, amis proches, ou bien à créer, dessiner, écrire, musiquer... Développer un univers émotionnel dont ce seraient les points de repère... Films, livres, Jeux vidéo, séries, Musique, BD... ma cosmologie média, quoi... et qui est une part si importante de ma vie. Je me rappelle encore des listes que je prenais le plus grand soin à dresser, avec Flore, de tous ces univers, et de ce que j'aimais en eux...
Le seigneur des anneaux. Star Wars. Harry Potter. Little Big Adventure 2. Crash Team Racing. Warcraft. Settlers. Spyro. Rayman. Final Fantasy VIII. Friends. Alias. Tintin. Loïs et Clark. Lanfeust. Pat Metheny. Le Bus Magique. Prince Pipo. Pour ne citer que ceux qui me viennent en tête là...
Bon, ça reste très mainstream mais j'en ai pas honte...
Et maintenant, retour en force de tout ça. Symptome de l'enfance qui s'efface? J'ai pourtant accepté rationnellement que l'enfance s'effacait, et qu'il fallait que je regarde vers l'avenir. Ca a été une des choses les plus dures que j'ai du faire dans ma vie, mais je l'ai fait, pas plus tôt que l'an dernier. Mais le ménage est loin d'être fait, et l'éclat tentateur de mes souvenirs ne s'est pas terni pour autant. D'ou des vagues "régressives", comme dirait maman. Des nostalgies...
Donc voilà, et la dernière manifestation en date, je me suis commandé une petite playstation sur internet...

Je parle de mon chez moi, mais c'est aussi mon clan. Mes parents. Et mention spéciale pour mon Couillon. Les moments trop précieux et qui font oublier tous les moments "relou", et pendant lesquels je pense que j'ai vraiment trop de la chance "d'être deux". Ya de grandes chances que ça soit lié avec ce que je viens de dire, c'est même certain. L'énorme passé partagé avec Simon, toute notre imagerie de la Couillonnerie qui doit plus ou moins être un avatar de cette cosmologie de trucs et du fait qu'on y est encore considérablement attaché malgré notre âge.

C'est bon d'être Couillons ensemble, de retourner dans le nid duquel on doit s'arracher. Et on le fait tellement bien. On a tellement les mêmes références. Et tellement de tendresse. Et ça me manque tellement quelqu'un qui a les mêmes références et la même tendresse, dans cette étrange environnement où je me trouve, a Stirling. Ca devrait être pareil avec Flore, même si on se voit moins. (Et peut-être même Azilis?
Alors d'accord, c'est peut-être du narcissisme, du miroir, on voit en l'autre un bout de soi-même qui nous manque, on s'y met à deux pour le voyage dans le temps... Mais soit!
D'un autre côté, il y avaient ces moments de vide, ou je me sentais impuissante ... ces questions qui reviennent, je me demande ce que je fais là dans cette maison, bien qu'unique maison de ma vie, je me dis que il ne faut pas se leurrer, que malgré tout ça fait longtemps qu'elle a été décharnée, vidée de sa sustance, que tout ce que je peux "en" faire c'est me mettre devant la TV à regarder une série ou un film... Ou m'enfermer dans mon lit... Que la petite Camille superactive est très, très loin derrière malgré tout.
Mais ce sentiment ne dure jamais très longtemps...

Bon, sans davantage s'éterniser envoyons la suite...
Ya aussi de ça qu'il faut que je parle. L'UE... La perspective d'un master Métiers de l'Europe de vient de moins en moins "par défaut" et de plus en plus "par plaisir" pour moi! Et même si, pourquoi pas, comme disait Pierre, faire le master Latour après, mais si c'est pas possible, j'aurai pas l'impression d'avoir raté ma vie...je crois.

Ce moche bâtiment ci-dessus est celui de la Commission. Et je rajoute encore une petite photo pour avoir une raison de dire que Bruxelles est loin d'être une moche ville, contrairement aux dires de certaines personnes :

Voilà, là on revient à "ici", ma chambre de Stirling. Sentiments mitigés comme d'habitude. à la fois une motivation
nouvelle au travail, qui es bienvenue ; mais aussi une prise de distance
nouvelle par rapport à mes collègues d'appartement. La copine d'Andy est maintenant là, ce qui le rend indisponible et moins demandeur. Jen est toujours encraiguée semble-t-il, même si elle m'a gentiment proposé de venir chez elle un de ces week-end. Quant à Jackie, on est sensées se regarder des Prison Break ensemble. M'enfin, pas de grande dégustation fromage, pas de besoin de meddle in, je reste dans ma chambre, ou pars pour la bibli du campus.
L'automne a changé de phase, mais on a encore des moments encore plus mystérieux qu'avant que créé l'étrange lumière. Mais la nuit commence à tomber excessivement tôt, je déteste ça.


Je n'ai pas de photo d'Edinburgh, mais les évènements qui y sont liés ne méritent qu'à moitié d'être mentionés dont c'est pas grave. Focalisons sur le bright side, ce petit moment ou j'ai pu voir le levé de soleil sur la ville, suivi d'un city sightseeing improvisé aux premières loges de l'étage du bus jusqu'à l'aéroport.
Oh et l'heureuse rencontre d'un autre Chris ("rencontré" en fait deux jours plus tôt chez Margaux — tiens comment vas tu Margaux?? :)) qui s'envolait comme moi vers Paris.
Je m'arrête là...