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jeudi 28 février 2008

Des bugs dans Scotland 2.0

Un silence depuis 2 semaines qui n’a rien d’accidentel.
Car ce deuxième semestre se poursuit lui aussi inaccidenté.

Je ne m’ennuie pas, non. Je vis. Je sors. Je vois du monde (un peu). Je fais des choses. Je me passionne pour mes cours. Les jours s’allongent, et même si la météo est davantage dans les standards écossais post-apo que d’habitude, je me plais à être ici.

Mais en levant le nez du guidon et posant le regard contemplatif de la bloggeuse sur cette vie, rien ne me saute au visage. Rien ne s’impose à ma plume numérique. « Things have been happening, I just... ». C’est précisément ça, Jen. Ce n’est pas que rien ne s’est passé, c’est que rien n’est davantage digne d’être raconté qu’autre chose. L’équilibre général normalise la kyrielle d’évènements qui a fait ma vie ces dernières semaines. Pas question de tout raconter, ce sera donc rien, par défaut. Et pourtant, je n’ai jamais été aussi en harmonie, ici en Ecosse.

En marge de cela, et dans cette même vie mais décalé de quelques degrés de réalité, des forces contraires s’affrontent dans la violence et amènent leur lot de changements et d’espoirs. Pour l’instant, il n’y a qu’en haute mer que la tempête rage. Pas de tsunami qui déferle sur les eaux côtières, mais les marées se transforment, lentement mais sûrement, durablement. Je mue. Je deviens moi.

...Il me semble que je n’en demandais pas plus, le semestre dernier : une vie active et rangée, et des enjeux intellectuels stimulants me poussant à la remise en question.






Un semestre inaccidenté, disais-je... jusqu’à ce que le grain de sable s’engouffre dans la belle mécanique. J’en ai déjà parlé, mais à la mesure du non-évènement que c’était à l’origine : un dérèglement d’ordinateur. Qui aurait pu prévoir à quel point ce dérèglement allait être contagieux? C’est que la Pomme et son mac vivent en symbiose, et toute affliction de l’un infecte l’autre.

La douleur est chronique, imprévisible, inévitable, incurable. Les convulsions arrivent et bloquent irrémédiablement toute activité, pendant une minute, ou 10, ou 20. Un bruit, un ronronnement régulier et lobotomisant émane de la machine blessée, qui s’étale, s’étale, prend tout l’espace, tout l’esprit, ne laissant en moi que de l’ « helplessness » face à ce partenaire agonisant, qui me rejette sans qu’il n’y ait rien que je puisse faire.

Ca tourne à l'obsession. Depuis l’accident je ne dors pas bien la nuit. L’enthousiasme qui me reste au réveil est crevé dans l’oeuf, quand je constate que la nuit n’y a rien changé. L’empathie se transforme en frustration. Tout élan est coupé court, toute motivation est enchaînée. Je traine un boulet à mon pied depuis une semaine et demie. Je suis handicapée. La frustration se fait haine, dégout de me faire touner le dos au moment ou j’aurais le plus besoin de soutien. A la force intellectuelle et émotionnelle qui me pousse vers l’avant s’oppose implacablement cette inertie qui divise le temps, multiplie la durée, distort et dilue toute entreprise. Je suis immobilisée, réduite à l’inaction, vidée, privée de perspective, n’ayant plus qu’à attendre un temps indéfini. La haine se mue en rage, la rage en folie, puis en néant spirituel. Mon monde est mis sur pause. Mon futur m’est confisqué. A l’image de la machine, je me dépressurise. Dépression, risée : des nuages viennent la pluie, je m'écoule, je m'écroule...

Chaque jour, la gangraine gagne un peu de terrain. Chaque jour je me fane un peu, comme les fleurs sur ma commode.

Alors oui, il y a quelques démarches que je pourrais opposer à la fatalité, quelques démarches, sans doûte pas si compliquées que ca. Mais les forces me manquent.

Cette incapacitation ravive une vieille blessure. Celle du manque, de la privation de vous. Il s’abat sur moi alors que me sont coupés les vivres qui me permettent de la compenser, de la contourner. Pour tant de choses, et celle-ci avec, je suis entièrement tributaire de l’ElliMac, ma passerelle vers... vers tout. Le Portail s’est enrayé. Il ne reste alors plus que « moi, ici », plantée devant, exclue, prisonnière de mes manques, étouffée par ce ronronnement martelé qui imprime ses messages subliminaux dans ma coquille vide.

Si je suis capable d’écrire tout ça, maintenant, c’est dans un répis, une brèche, une fissure dans le mur des plantages. Il semblerait que couper Internet diminue leur fréquence. Serait-ce un signal ? Que faut-il que j’en fasse ?

Je me sens d’autant plus ralentir que l’enseignement écossais nous fait vivre dans la langueur extrème. L’unité de temps ici n’est pas la journée, mais la semaine. Mais la cadence des plantages explose cette semaine en autant de micro-cellules, imposant un micro-rhytme, une vie fragmentée, disséquée.

Tout ça pour ça...

Mars s’étend devant moi comme le champ de blé sur le plateau d’Ormoy-la-Rivière dans mon regard de petite fille.

dimanche 17 février 2008

Occuper mes journées

L'idée, c'est que la donne n'a pas changé depuis le premier semestre : toujours aussi peu de cours, toujours une luminosité limitée (pour l'instant), et surtout, toujours dans la même chambre recluse au fin fonds du campus, lui-même perdu à des kilomètres du centre névralgique de Stirling, elle-même ville très moyennement animée.
Mêmes écueils à éviter donc :



Jusqu'ici, les bonnes résolutions tiennent le coup. Je boude raisonnablement skype et les chats, j'arrête l'ordi à minuit pour être au lit au plus tard dans la demi-heure, ce qui me permet de me lever sans aucune difficulté à 9h30. Et je remplis ma journée. Et si, bien sûr, plus ça va plus je suis permissive en termes de dérogations, je garde un rythme relativement sain. Si, si.

Le problème, c'est qu'entre les débuts et les fins de journées, il y a les journées elles-mêmes. Et étant donné que mes misérables 9h de cours n'ont même pas encore toutes commencé, je fais face à un problème de taille : comment occuper mon temps libre?!?

Plusieurs pistes, aux résultats inégaux.


Going Out For A Walk.

Le petit projet, c'était le Wallace Monument ; vous savez, le Baradhur de mon vieux message de septembre modestement consacré à l'herbe du campus (j'en écris des conneries moi, didonc...). Depuis le temps qu'il nous narguait, du haut de sa colline, celui-là, Margaux s'était dit que cette fois il allait enfin rien perdre pour attendre.

Et pourtant, si, perdu, il en échappe belle une fois encore, puisque nous arrivons 1/4h après la fin des visites (euh, ils sont gentils, mais arrêter les visites à 16h c'est pas non plus la grosse éclate!!).

Ce ne fut pas une perte de temps totale, puisque nous mirent à profit la journée pour aller faire de grosses courses à Tesco, et, nettement plus intéressant, nous pinter la gueule au Wallace...Pub. Avec du cidre, s'il vous plait. Comme quoi, Going Out For A Drink, ça marche aussi. Sur la droite, c'est Katie, colloc américaine fofolle de Margaux.









Un petit clin d'oeil au Lazouillon : Que Crrrrrraaaaaig n'a-t-il point pris la peine de préciser que cette magnifique statue se trouvait à STIRLING!!! Hiiiiii!!!
(réponse : parce que pas un seul amerloque a entendu parler de cette ville?...)

Pour les autres : hé oui, quand on fait des statues de William Wallace, désormais, on leur impose la tronche de...Mel Gibson.







Spreading The French Word.

Après avoir initié Jen, au grand dam de sa mère, aux plus obscures et créatives facettes de notre belle langue française ("Vaaah the fairww fou'twwwe"!!), je continue à lui distiller notre culture, extravagances cullinaires en tête.

...et pourquoi pas une ptite Raclette, hein Christine???
Dans l'appellation comme dans la recette, il me sera pourtant impossible de m'abstraire de toute empreinte britishe.
D'une part, "Raclette" contient ce "r" imprononçable pour nos confrères d'outre-manche, qui ne savent rien d'autre que rouler ou gober leurs airs.
D'autre part, faudrait quand même pas espérer pouvoir trouver du morbier dans les rayonnages du Tesco local. Non, pour eux, cheese, c'est 4 x 2 m de cheddar décliné dans de multiples coloris criards, et un minuscule shelf "continental", que tout un chacun prend soin d'éviter minutieusement, et dans lequel on trouve surtout de ce que le continent a de plus asipide. Parfois quelques italiens sympas, parmesan, gorgonzola, ou du brie français, mais ça n'ira surtout pas plus loin. Bref, pour la raclette, c'est coton, et il va falloir se résoudre à entâcher l'intégrité des slots téfal en y mettant du cheddar. Idem pour la charcute : smoked bacon. Point de vue goût et consistance, la française en moi versera une petite larme, mais discrète pour ne pas trop dépayser Jen qui semble trouver ce mariage des genres à son goût. La raclette pèsera lourd sur l'estomac de Margaux, mais aussi sur la conscience de Katie, la sportive, qu'on avait déjà arrachée à sa gym quotidienne pour le Wallace Pub.




Cooking.

Dans la ligne directe de ce qui précède, car comment dit-on "gratin" en anglais? "gwwâââ'tain". J'en conclus "spécialité française". En tous cas, je suis très très fière de mon gratin d'aubergines, parce qu'il était putain de bon. Et c'est pas la Jen qui va me contredire.
Une couche aubergines/oignons "en cocotte". Une couche poulet émietté et frit à la poele. Une couche sauce tomate un peu fancy. Une couche cheddar rapé (ouiiii je sais, j'ai oublié le parmesan...). Et des pitites z'épices pour parfumer le tout. Mmmm!







Drawing.

En guise de merci aux McKeown, j'ai sorti mes encres et une GRANDE feuille à dessin. Sur ma lancée, je continue la peinture ; si ca occupe très bien les jours, ça grignotte aussi assez facilement les nuits... Et puis, rester dans ma chambre n'est plus un problème maintenant qu'elle sent bon les lilas!!!!!








Shopping.

De bonnes affaires en bonnes arnaques, sur internet ou au centre commercial de Stirling, ça occupe et ça distrait... Des robes et T-Shirt colorés à £1... Des kits manicure magiques moitié-prix (mais chers quand même!)... De la teinture verte en spray... ou encore le très fameux aspirateur à clavier USB qui s'est révélé être un échec...

Speaking of grignotter du temps, mon ordinateur dont la récente tentative de suicide n'a fait que l'handicaper sévèrement, m'insupporte de plus en plus avec ses longs plantages incessants, si bien que je me surprends à passer beaucoup de temps sur l'Apple Store (quand il me le permet bien sûr), ou plutôt sur LES apple stores, histoire de réver un peu. Qui pourrait me reprocher de plannifier dans ma tête un petit voyage prochain aux Etats-Unis, quand on voit que le même ordinateur coûte, en dollar par exemple, 2700 aux US, 3500 en UK, et 4000 chez nous pauvres pigeons!! Le même produit avec un voyage aux US en prime? Ca ne se refuse pas. Ce n'est pas parce qu'Apple est une pomme que je lui donne le droit de me marronner la poire. Si l'euro a la pêche, plutôt que de se presser le citron, je ramènerai ma fraise à la Grosse Pomme! Affaires juteuses, me voici!!!



Working.

Wor-koi?

jeudi 7 février 2008

Ciels sur Ormoy

3h12... il est plus que temps que je commence ma petite sieste pré-départ.
Et pourtant, cet éternel besoin de "marquer le coup".
Le sommeil attendra.


Une journée très étrange, faite de voyages dans le temps à en donner le tourni, sans pourtant quitter les quelques mètres carrés que constituent ma chambrette au deuxième étage des Vieilles Vignes.
La lumière décline, les vertiges en deviennent étouffants, je lève les yeux au plafond... au ciel. Mon minuscule vélux m'appelle, quelques nuages blancs moutonnent sur un ciel sombre mais toujours bleu, d'un bleu faire-part, qui m'invite à sortir de ma prison pyramidale. Je débauche une chaise alors ensevelie sous les vêtements. Je me hisse. J'ouvre.




C'est encore plus beau dehors. Je respire l'air du soir, pur, comme en témoignent les lichens sur les tuiles devant moi. Les fils électriques tracent un horizon derrière lequel le soleil finit de se réfugier.




J'attends. J'observe. Plus encore sur l'appareil photo que sur ma rétine, les arbres et les maisons lointaines s'excusent et s'évanouissent dans l'obsurité, afin de permettre au ciel de leur voler la vedette. Celui-ci a relégué leur silhouette d'encre au rang de faire valoir. Au minuscule soleil de s'épuiser à colorer cette toile immense.




Au dernier sursaut de lumière, un avion vient balafrer le ciel. Le soleil prend peur, et les nuages, désormais gris, s'épaississent pour bander la blessure. Drôle de présage...




Le jaune est parti. C'est le temps du gris, lacéré par les arbres nus. L'atmosphère à changé.




Et c'en est presque encore plus beau...

dimanche 3 février 2008

(médiocres) Alexandrins de fin de vacances

De retour à Ormoy, mon village natal
La vie a su reprendre enfin son cours normal
Attiré par l'aura d'un
Paris hivernal
Inspiré, l'amour y viendra ouvrir le bal


Enlevée à la Beauce par la lueur lointaine
Du soleil de
Beaufort, timide sur ses plaines
Mais puissant sur le blanc bariolé de
Flaine
Retrouvailles en famille, c'est le temps des étrennes


Amis, vous étiez là, rires et nostalgie
Et Fromage à
St Quentin, Orléans, Cergy
Les vétérans du Lycée, toujours de la gueule
Et ma Chris canadienne qui repartira seule


Et enfin à
Grenoble en séjour prolongé
Nichée dans les montagnes encor' enneigées
Recharger les batteries car deux mois me séparent
Du moment où je pourrai revenir te voir


Il est temps maintenant, je suis prête à partir
Vous voyagerez tous avec moi en souvenir
Les belles choses ont une fin qui les rend précieuses
Merci pour ces deux mois, je m'en irai heureuse ...


PS : Je n'ai pas su caser "Lyon" dans mes rimes... mille excuses...
Et je n'ai pas non plus de photos des autres scubiens que j'ai adoré voir!!!

dimanche 16 décembre 2007

Petites updates pré-vacances...

La Scottish Elli, d'abord, elle a passé ses examens... sans le badge du Parlement mais quand même tous dans ce même T-shirt, en fait, histoire de bien montrer "where her loyalty lies" (et aussi par superstitution débile). Les résultats ne seront pas forcément brillants (du moins pas tous) mais "c'est fait", et avec les excellentes notes de tutorial, ca devrait me permettre de passer deux mois de vacances tranquilles.

Deux mois de vacances...
Deux mois...
Euh... je suis toujours dans la Scube, ou?...


La célébration de la fin des emmerdements s'est faite par une petite aprèm "régression" avec la co-loque Pipotienne, au programme initiation de la miss à Crash Team Racing (qui commence à pas trop mal s'en tirer en mode "facile"!), puis vieux délires sur les minikeum et autres hauts-lieux de culture des gamins des 90s que nous fûment, et enfin, décadence achevée en se ruinant au Mc Do de la ville par de gros specials bien gras et délicieux, et un McFlurry chocolat-orange pour ne pas se dire qu'on n'aura pas été jusqu'au bout... Je rappelle que la Margotte est sensée être militante alter... et aussi qu'on venait à peine de finir a digestion d'une grosse pizza au fromage...


Ensuite, la Scottish Elli, elle a fait ses valises, ses adieux, (pas) sa vaisselle, puis a été voir la Glaswegian Bee, dans sa ruche bleue, et qui fêtait (un peu à contre coeur avant la bouteille de Baileys, beaucoup plus volontiers après) son entrée dans la vingtaine (ou la trentaine, selon comme on compte) (noooon, je ne cherche en rien à te démoraliser là, ma ptite Béa).
Un Carrot-cake suintant ("ça fait un peu comme des fruits de mer"), des bougies qui faillirent ne jamais s'allumer, de longues marches au milieu des exubérantes lumières de Noël, une rasia sur le Pound Store, et, bien sûr, une veillée entre amies expat alimentée par le bon goût ébriétant du Baileys, ça a suffit pour rendre les adieux déchirants (de toutes façons, même si ça n'avait pas suffit, il l'auraient été quand même). Une qui reste, une qui part (sans aucune envie de partir, sur le moment).




-> ->



C'était la deuxième fois cette semaine que j'allais voir la Béa. Et pas seulement une ou deux petites heures comme ça : vraiment. J'ai une sacrée chance de l'avoir, ma scubienne-pas-loin. La journée de lundi était assez représentative : entre deux exams, petits plaisirs à la mode italo-franco-éossaise (crêpes parmesan cheddar bacon, puis Nutella), gambadage dans la nécropole (située, étrangement, contigument à la brewery de Tennent's... vous savez c'est là où y'a ce fameux panneau "ANGER = KEEP OUT"!), et couillonneries avec PhotoBooth...

(Ci-dessous une photo de ce qu'elle voit de la fenêtre de sa cuisine)



Scottish Elli ce n'est pas vraiment moi, ce n'est pas moi entière, et c'est un pan de moi qui est loin d'être, avouons-le, dans les meilleures conditions d'épanouissement possibles. Mais c'est quand même moi depuis 3 mois, et j'y tiens. Et quand elle s'est évanouie progressivement, un peu plus à chaque pas pris vers la France, vers ce pays aux résonances multiples et au froid glacial, ça n'a pas été sans douleur. Comme cette personne qu'on n'aime pas trop, mais qu'on a tant fréquenté qu'on y est fatalement attaché, et dont on va détester se séparer. Un trajet pris vers ma France à contre coeur, avec difficulté ; mais tout ça n'a été que transitoire, et Scottish Elli ne me laissa bientôt plus qu'un vague souvenir, tels ceux qui restent au matin de la personne qu'on a été en rêves... Elli-la-française a émergé, s'est réveillée et a repris contrôle, a pris sa place parmi les siens le plus naturellement du monde, comme si elle n'était jamais partie.



(Alors quoi, toute cette histoire d'Ecosse, c'est un rêve, c'est du survol, "ça n'existe pas"? ...)

mercredi 12 décembre 2007

Scène nocturne

Voilà, c'est comme ca quand je bosse. Dans les 3-4h du mat, a genoux sur mon lit, je fixe d'un regard vide alternativement mon ordi qui affiche Chris (ma partenaire boulot) et mes Powerpoint sur le webCT, un gros bouquin bien général, et des notes mal écrites parce qu'il est tard, et qu'on sacrifie tout à l'heure tardive (tôtive?), y compris sa très jolie écriture (voui, j'aime mon écriture...).
Et aussi, une grosse trombine bleue qui me regarde d'un air désolé...

La semaine des exams se poursuit et s'achève presque...

psssst il est vraiment crade cet ordi...

mercredi 28 novembre 2007

Avec 2 mois 1/2 de retard...

...j'annonce officiellement mon arrivée en Ecosse!!!

Hé oui. C'est seulement aujourd'hui que je passe le stade fatidique "carte postale", cette petite tradition qui consiste à envoyer dans les chaumières des petites cartes colorées, sensées se contenter de dire que non, je n'ai pas fini dans l'estomac du monstre du Loch Ness après l'écrasement de mon avion dans son lac, que "j'y suis" et que tout va bien... J'imagine qu'à l'ère de l'informatique et de la communication instantanée partout dans le monde (cf. mon message sur Skype...), cette tradition perd un peu de son sens premier de rassurer. Et pourtant, que dire des grands parents qui n'ont pas Internet? Des adultes qui n'ont pas l'adresse de ce blog, ou de ceux qui n'ont tout simplement pas envie de se farcir mes tartines sans grand intérêt, et parfois trop personnelles pour être reçues sans gène de leur part?... D'accord ils ont dû avoir des nouvelles par ailleurs, mais quand même, c'est pas cool...

Et puis une carte postale, c'est joli. C'est plus personnalisé. Et surtout, c'est concret, solide, physique, réel.

Allons-y.

Je vais au book shop, choisir ce qui me semble sur le moment être "des millions de cartes postales", un peu au hasard, des jolies. Je reviens chez moi, et commence à attribuer à chaque carte une personne. Seulement, très très loin d'être inépuisable, le stock de carte postale s'amenuise au fur et à mesure que s'allonge la liste de destinataires potentiels dans ma tête. Jusqu'au clash. J'ai tous les Jacquots — mais quoi y'en n'a plus pour Benoît? Et pour Raymonde?? Et les Durands, j'aurais bien envoyé une carte aux lédonniens et aux parisiens... Et mes vieux potes? Hugo? Il m'avait bien envoyé une carte d'Inde! Et la ptite Azilis ç'aurait été trop sympa! Et les Gonnet? Et Pierre? Et puis les scubiens, si j'envoie la vache à Vivi, faut au moins que j'envoie quelque chose à Clem... et pourquoi pas aux autres, les loins, dont j'ai moins de nouvelles? ET MES COUILLONS DE PARENTS ET FRÈRE???? Y seraient-y pas trop jaloux d'être sur le carreau???

Résultat, après une heure et demie passée à écrire ces foutues cartes, seul un sentiment de frustration, avec la certitude que la liste des absents est même trop longue pour envisager de me rattrapper demain à l'aéroport (ah oui j'ai pas dit ça? je pars à Bruxelles demain avec mon groupe sur l'UE, visiter les instits et boire quelques pintes).

J'ai qu'à envoyer des cartes de Bruxelles alors? Après tout quoi de plus naturel, faut vraiment être con pour écrire des cartes la veille d'un départ ailleurs!!!.....oui mais c'est pas pareil. Voila.

Et puis quoi... est-ce que tout ça ça ne serait pas ENCORE de l'évitement, une ÉNIÈME façon de me raccrocher au connu, de garder mon regard et mes pensées occupées par quelque chose de familier au lieu de me mettre à faire cette foutue valise et ce foutu sac, pour demain? Ou bien tout simplement me donner les moyens de me coucher avant 2 heures du mat pour une fois? Après tout, JE PARS À BRUXELLES DEMAIN, et il faut que je me lève à 7h... Mais non mais non, faisons la sourde oreille... Nions l'évidence, et surtout ne compensons pas en bossant l'exam de Bio pour lequel j'ai "des millions d'heures de retard" (et ce million là, croyez moi, il est plus proche de la réalité que celui des cartes postales...). Tout va encore se faire "à l'arrache". Et, c'est peut-être pas plus mal, de faire comme si de rien n'était. Je n'aime mieux pas me laisser le temps de cauchemarder à un Vienne-bis, friendwise... peu probable, de toutes façons.

Argh, ça y est, il EST 2h du mat... j'ai franchi le seuil du "putain-de-merde-faut-vraiment-que-je-finisse-de-tout-préparer-et-que-je-me-foute-au-pieu!!!" fatidique.

Quant à tous ceux qui ont été cités dans mon accès de name-dropping ci-dessus, je vous promet une carte postale... soit demain à l'aéroport, soit à mon retour de Bruxelles. Ou bien une carte DE bruxelles. Parce que, le hasard étant bien fait, pour la plupart, vous faites partie de ceux qui ont nouvelles de moi par Internet déja, donc la symbolique "carte d'Ecosse" vous aurait fait lever les yeux au ciel plus qu'autre chose.

Allez Cam, publies ce message débile et boucle ta valise...

dimanche 11 novembre 2007

Double tranchant.

Quelle frustration quand l'inspiration manque! Ca fait quelques heures que, distraitement, sur fond de lecture, musique et autre, me trotte l'idée de faire un post-hommage sur le logiciel Skype, tout en étant consciente de la banalité d'une telle entreprise, donc ca traine quelque part dans ma tête où parfois m'apparaissent des possibilités d'enluminurage en faisant des parallèles astucieux et des métaphores habiles, sauf que 3 heures plus tard et après moultes voies explorées, une valse des concepts évanescents, c'est le vacuum, le néant, la désertion intellectuelle.

Tout ce que j'ai pour vous, ce sont une image, quelques expériences, et une morale. Assez léger pour un blogpost. Ou pas. Après tout d'où me vient cette soudaine considération pour mes lecteurs? Quid de toutes les random craps que j'ai faites jusqu'ici??? Après tout je suis un "plain bagel", pourquoi rougir de faire des plain posts? A trop rougir je vais finir en hot spicy breaded bagel, qui, faut-il vraiment le préciser, est un pur produit de ma non-imaginativité.



(Pour ceux qui n'ont pas compris la référence, allez sans crainte...)





L'image c'est ça. Une réunion totalement improvisée de la mère, la grand mère, la cousine, la tante, et la fille, en somme toutes les filles de la famille maternelle ; le petit miracle d'une journée qui autrement fut une loose totale...


Les expériences, ce sont avec vous. "Vous" vous reconnaitrez. Chris, Pierre, Mougne, Flore, Margaux, Clem-le-noctabule aussi mais je suis pas sure qu'il lise ce blog... Merci à vous tous. D'être là bien que loin.


Et la morale c'est qu'il faut faire attention au côté obscur de la force d'attraction de la Camille vers son Skype, les heures qui passent comme des coups de vents, le jour qui devient le théâtre inopportun de ses nuits...

dimanche 4 novembre 2007

Au lieu de faire mes readings...



On se change pas...


(cela dit, cet article de r. w. cox "Social forces, states and world orders: beyond international theories" est très intéressant... mais un chouillateux poil compliqué...)

mercredi 17 octobre 2007

Alerte ROUGE!!!


Ca fait déjà un petit moment que j'y pensais.
Je n'étais pas fixée, vraiment. Et, il faut le dire, j'oscillais entre des pôles radicalement opposés.
Il y avait bien sûr la solution de facilié, le sempiternel violine foncée dont l'effet est garanti... Mais la partie aventureuse chez moi voulait pousser le bouchon, prendre des risques, donner carrément dans le vert, dans le blond, dans le rose, dans le blanc bien évidemment ; ou même dans la combinaison de plusieurs de ces tons, d'une façon ou d'une autre. Mais d'après Christelle, tout ce qui était bleu ou vert incongru, ça faisait Allemand prépubère en manque d'attention. Ce en quoi elle n'avait pas tort. Il fallait que je trouve autre chose... A coup de sondages, la couleur qui revenait le plus souvent était le rouge. Orange-rouge flashy selon Chris, plus dark auburn selon Karen. Et le souvenir de Roy, qui disait que les cheveux rouges, c'était ce qu'il préférait. A tout prendre, rouge, pourquoi pas. C'est ni trop trash, ni trop dull. Allons-y. Mais qu'est ce que c'est moche une couleur claire qui soit unie! Tout rouge, très peu pour moi. Il fallait être plus créatif. Rouge, avec des petites mèches roses, pourquoi pas? Ou violettes? Ou les deux? Dans ce cas je pouvais pas me le faire moi-même, trop dur. Coiffeuse? Sandrine?... 86€!!!!... Pas question. Aie. Il allait falloir faire un compromis...



Le compromis, si tout se passait bien, ce serait 15 euros, et un rouge sympa nuancé. Je pris donc le bus pour Stirling, direction le mall : Boots, "magasin de trucs de fille", pouf, deux boites de la gamme Schwartzkopf LIVE Color XXL, une rouge, une blonde. Le plan c'était de mettre le blond de façon un peu héparse sur mes cheveux, puis d'y aller avec le rouge, en pariant sur le fait que rouge sur blond ne donne pas la même couleur que rouge sur brun (ce que mes cheveux étaient devenus, de leur beau violine initial de ya 2 mois).

Recette des cheveux chelou :

ETAPE 1 : Parsèmage.
Couleur utilisée : blond.
Prendre bien son temps pour répartir le blond inégalement. Commencer par des assez gros paquets à des endroits éloignés, et, petit à petit, mettre des petites touches entre les deux. Le truc c'est de ne pas y aller trop vite, pour jouer sur le différenciel de temps de pose. Se marrer parce que voir ses cheveux devenir blonds c'est drole. Faire la gueule aussi parce que le produit décapant sur le crane hurts like fuck. Ne pas attendre 45 minutes bien sûr, c'est au feeling : rincer.






ETAPE 2 : Recouvrage.
Couleur utilisée : rouge.
Ne pas s'extasier sur le parsèmage blond bizarre qu'on vient d'obtenir, c'est pas fini! Bien sécher les cheveux, otherwise it's gonna hurt even more. Répartir le rouge, en utilisant aussi le différentiel de temps de pose, et tenter au maximum d'exacerber les contrastes entre les parties claires et foncées, mais finir par recouvrir tout. Laisser poser... à peine moins que prescrit. Rincer.






ETAPES EVENTUELLES : Retouches
Couleurs utilisées : Les deux, en fonction des restes.
Possibilité d'un plus grand contraste si l'envie vous prend. Finir de toute façon par un gros rinçage et l'application du soin ("conditioner"). Sécher, coiffer, mettre un peu de gel...






Et voilaaaa... Je suis toute mignonne...
On voit pas trop le contraste sur ces photos, mais il existe bel et bien hein!!! J'ai un superbe ton sur ton pour 15€, si c'est pas merveilleux ça!



Et avec un peu de maquillage à-propos (fond de teint, mascara, crayon, fard à paupière vert), une tenue sympa (nouvelle robinette verte), et un air de pétasse, let's just say, I RULE.