
Alexander Court se pare de couleurs d’automne.
Des taches oranges et jaunes se mèlent aux tapis verts et gris, et la lumière a changé. Aux rayons insolents de l'été succèdent de plus timides. Et même si tout à coup, le soleil sait concentrer tous ses efforts pour recréer l'illusion, celle-ci est de courte durée, avant que le voile ne retombe.
Le silence se fait aussi. Ou peut-être que la différence, c'est que désormais, on l'entend. De temps à autres, il laisse la place à la voix mélancolique de Thom Yorke, qui sait trop bien se fondre dans le décor. On dirait parfois qu'elle provient du ciel blanc. Vibre dans le paysage, fait tomber les feuilles et soufflotter le vent.
Le matin, c'est une autre histoire, et on se croirait dans les champs de neige. Le givre s'accroche aux brins d'herbe rase, et la brume remontée depuis le lac pare les colines de golf d'une auréole évanescente.
Le soir, la nuit tombe lourdement et sans appel, de plus en plus tôt. Mais il ne fait pas encore trop froid.
Malgré tout, il y a quelque chose d'attrayant à regarder dehors, ou à s'y retrouver. C'est même encore plus tentant que d'habitude. Pour rien au monde on ne voudrait manquer le petit instant parfait ou le rayon de soleil vient lécher les feuilles jaunes qui pointillent les tapis d'herbe. Ca sent la fin. C'est précieux...
Alors on met ses plus beaux vêtements et on va jouer à se foutre la tronche par terre, et se rouler dans la boue fraiche. Et on appelle ça "baseball" parce que ça fait classe...
Ce n'est pas seulement le dehors qui change avec la saison. Effet de miroir : en l'espace de quelques jours, le dedans a changé aussi. Dedans ma chambrette, dedans moi. Apaisement. Dissolution des tensions. Une sorte d'équilibre paisible qui s'est mis en place... Il ressemble un peu au "ca va aller" qui en fait va et vient depuis un mois. Mais ce n'est pas exactement ça... c'est plutôt un "ça va", qui constate et qui dit.
Et c'est vrai d'ailleurs, ça va. La "mood homeostasis" semble enfin avoir trouvé son système régulant. Et cet équilibre à même su survivre à la double tempête de mercredi - jeudi soir. Equilibre : je me suis faite ma petite place, un petit acquis qui fait que plus rien ne me fait douter du fait que j'existe. A partir de cela, ça y est, je peux construire.
Maintenant, il faut que je me pose la question de ce que j'ai envie de construire...
Avant de construire, il faut aussi reconstruire. A commencer par ma voix. J'avais pas réalisé à quel point elle avait souffert, dans l'histoire. Je ne sais pas si c'est le changement d'air, ou bien sa sous-utilisation, mais ma voix était en piteux état ; chanter il ne fallait même pas y penser, un petit râle aigü dans un souffle court, c'était le maximum que je pouvais produire. Il fallait donc prendre le taureau par les cornes et accepter de tout reprendre depuis le début. D'accepter le petit râle, afin de pouvoir l'apprivoiser finalement. Y mettre le temps d'abord. Accepter l'échec. Et accepter que, peut-être, je ne sois pas la seule à profiter de ce concert grinçant. Mais assumer. Et ça a payé... à une heure de torture et de découragement a succédé une heure de reprise de confiance et d'espoir. Et maintenant, je sais au moins qu'elle est encore là quelque part, prête à revenir bientôt. Ma petite voix chantée que j'aime.

Ce qui me manque le plus, là tout de suite, c'est ... un massage aux huiles essentielles.
Le matin, c'est une autre histoire, et on se croirait dans les champs de neige. Le givre s'accroche aux brins d'herbe rase, et la brume remontée depuis le lac pare les colines de golf d'une auréole évanescente.
Le soir, la nuit tombe lourdement et sans appel, de plus en plus tôt. Mais il ne fait pas encore trop froid.
Malgré tout, il y a quelque chose d'attrayant à regarder dehors, ou à s'y retrouver. C'est même encore plus tentant que d'habitude. Pour rien au monde on ne voudrait manquer le petit instant parfait ou le rayon de soleil vient lécher les feuilles jaunes qui pointillent les tapis d'herbe. Ca sent la fin. C'est précieux...Alors on met ses plus beaux vêtements et on va jouer à se foutre la tronche par terre, et se rouler dans la boue fraiche. Et on appelle ça "baseball" parce que ça fait classe...
Ce n'est pas seulement le dehors qui change avec la saison. Effet de miroir : en l'espace de quelques jours, le dedans a changé aussi. Dedans ma chambrette, dedans moi. Apaisement. Dissolution des tensions. Une sorte d'équilibre paisible qui s'est mis en place... Il ressemble un peu au "ca va aller" qui en fait va et vient depuis un mois. Mais ce n'est pas exactement ça... c'est plutôt un "ça va", qui constate et qui dit.
Et c'est vrai d'ailleurs, ça va. La "mood homeostasis" semble enfin avoir trouvé son système régulant. Et cet équilibre à même su survivre à la double tempête de mercredi - jeudi soir. Equilibre : je me suis faite ma petite place, un petit acquis qui fait que plus rien ne me fait douter du fait que j'existe. A partir de cela, ça y est, je peux construire.Maintenant, il faut que je me pose la question de ce que j'ai envie de construire...
Avant de construire, il faut aussi reconstruire. A commencer par ma voix. J'avais pas réalisé à quel point elle avait souffert, dans l'histoire. Je ne sais pas si c'est le changement d'air, ou bien sa sous-utilisation, mais ma voix était en piteux état ; chanter il ne fallait même pas y penser, un petit râle aigü dans un souffle court, c'était le maximum que je pouvais produire. Il fallait donc prendre le taureau par les cornes et accepter de tout reprendre depuis le début. D'accepter le petit râle, afin de pouvoir l'apprivoiser finalement. Y mettre le temps d'abord. Accepter l'échec. Et accepter que, peut-être, je ne sois pas la seule à profiter de ce concert grinçant. Mais assumer. Et ça a payé... à une heure de torture et de découragement a succédé une heure de reprise de confiance et d'espoir. Et maintenant, je sais au moins qu'elle est encore là quelque part, prête à revenir bientôt. Ma petite voix chantée que j'aime.

Ce qui me manque le plus, là tout de suite, c'est ... un massage aux huiles essentielles.


1 commentaire:
are you ok? à qui?
Très joli texte...J'espère d'ici peu pouvoir exprimer cet apaisement.
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